Après un grand nombre d’auditions, une délégation menée par les présidents des commissions de la Culture et des Lois du Sénat, Laurent Lafon (centriste), et François-Noël Buffet (LR), a présenté jeudi au Stade de France ses premières conclusions sur les incidents survenus au Stade de France, le 28 mai en marge de la finale de la Ligue des champions. Si l’enquête n’est pas terminée, les dysfonctionnements sont nombreux mais les responsabilités par encore bien définies.

Le Sénat charge Lallement sur les actes de délinquance

Parmi les dysfonctionnements d’une « rare gravité » et dont les conséquences auraient pu « être dramatiques » selon Laurent Lafon, président de la commission de la Culture, les sénateurs ont noté que le préfet de police, Didier Lallement, a fait le choix de maintenir ses efforts sur les supporters anglais plutôt que sur les actes de délinquance autour de Stade de France. Or des incidents ont été constatés dès 14h et pas seulement dans le périmètre où se trouvaient les fans des Reds. « Ce n’est pas un bon choix, estime François-Noël Buffet, président de la commission des lois. En matière de sécurité, l’aspect de la gestion de la délinquance a été mise sous le tapis. » Par ailleurs, le préfet a aussi retoqué le dispositif de signalétique proposé par la FFF au motif qu’il n’avait pas été assez satisfaisant lors de la finale de la Coupe de France Nice-Nantes.

Des défaillances sur la gestion des flux de supporters

Alors que la grève sur la ligne du RER B avait été annoncée le 24 mai, soit à J-4 avant la finale, les sénateurs rapportent que son impact sur cet événement n’a été abordé en réunion que le 27, soit la veille du match. En raison de cette grève, un jalonnement avait été proposé afin de répartir le flux massif de supporters au RER D avec un flux vers le RER B. « Le préfet en a demandé la suppression. C’est le dysfonctionnement le plus important », regrette François-Noël Buffet.

L’absence d’images de vidéosurveillance, une « faute grave »

S’agissant de la non-conservation des images de vidéosurveillance du consortium du Stade de France, Jean-Noël Buffet a estimé que c’était « à tout le moins une faute grave. » Interrogé sur le fait de savoir si cette non-conservation avait été « cachée »‘, Buffet a répondu: « Non, je ne peux pas dire ca ». « Ce qui interpelle, c’est que personne n’ait eu la lucidité de dire « On conserve ces images » », a-t-il dit. Il a également précisé qu’il allait vérifier l’information selon laquelle un substitut du procureur de Bobigny était présent au PC sécurité, comme il est de coutume lors d’un grand évènement. Un officier de police judiciaire était présent, a-t-il affirmé et « un arrêté » permettait aussi à la police « d’enregistrer les images du Stade de France ».

Le Sénat veut auditionner l’UEFA sur les faux billets

L’affaire des faux billets reste une zone d’ombre pour les sénateurs qui, au-delà, des chiffres, s’interrogent sur le rôle de l’UEFA. « Nous avons besoin de comprendre pourquoi l’UEFA a autorisé l’impression de billets papiers alors que le principe est électronique avec un système numérique. Nous voudrions auditionner l’UEFA. Nous en avons fait la demande. Nous n’avons pas de réponse à ce jour. » Par ailleurs, l’audition des groupes de supporters de Liverpool et du Real Madrid qui devait se dérouler ce jeudi a été reportée à la semaine prochaine.

Les excuses des sénateurs

Au début de leur conférence de presse, les sénateurs ont tenu à présenter leurs excuses aux spectateurs et en particulier aux victimes des débordements au Stade de France. « Nous exprimons nos regrets et nos excuses, en particulier pour les Anglais qui se sont déplacés et pour qui ce déplacement devait être un moment de fête », a déclaré Laurent Lafon. Si l’enquête se poursuivra dans les prochains jours avec de nouvelles auditions, Laurent Lafon regrette le flou immense autour des responsabilités : « Tout cela donne l’impression qu’il n’y a pas de responsable. Et puisqu’il n’y a pas de responsable, il n’y a pas de coupable. (…) Nous notons que ce soit dans la phase de préparation, pendant les événements ou après, les différents acteurs qui ont eu à intervenir et qui ont tous, à un moment ou à un autre, failli, tous sont liés à l’Etat. Les conséquences appellent une réponse sur les mesures à prendre et mais aussi sur les responsabilités. »



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