Après quelques jours de stage de cohésion dans le Sud-Ouest, les joueuses de l’équipe de France de football rejoignent Clairefontaine ce mardi pour se lancer dans le gros de la préparation qui les mènera à leur premier match de l’Euro (du 6 au 31 juillet en Angleterre) le 10 juillet face à l’Italie. Quelques semaines avant le début de la préparation, la sélectionneure Corinne Diacre avait réservé une matinée au siège de la Fédération française de football pour quelques entretiens avec la presse dont RMC Sport. Pendant près de 25 minutes, la patronne des Bleues, disponible et souriante, n’a éludé aucun sujet, évoqué son management, l’évolution de son groupe et l’objectif sportif à l’Euro. 

Corinne, sur cet Euro, le plateau semble très homogène, sans réel favori pour le titre…

Oui, c’est très homogène. Franchement, celui qui peut dire: ‘Le favori c’est telle équipe’, pour moi, c’est impossible à dire. Le continent européen, c’est le plus fort aujourd’hui. Les nations travaillent très bien aujourd’hui. Cela va être un challenge difficile mais que l’on va relever.   

Comment enfin débloquer le palmarès de l’équipe de France ?  

Déjà il faut y croire. On a cette ambition affichée d’aller au 31 juillet (en finale), c’est sûr. Il faut continuer de travailler sur nos acquis et se perfectionner sur des points de détail. On veut réussir quelque chose ensemble, le mot aujourd’hui c’est le collectif. Et puis il y a quelques anciennes qui sont vers leur fin de carrière, c’est peut-être la dernière grande compétition pour certaines, c’est le moment. C’est vraiment le moment.  

Quel bilan faites-vous de la saison écoulée ?  

Très belle saison. L’objectif c’était de se qualifier sur les matchs d’avril directement pour la Coupe du monde. C’est chose faite. On a gagné tous nos matchs, il y a eu des choses positives, il y a eu de l’adaptation aussi car j’ai eu des joueuses blessées. On ne peut pas parler de matchs de préparation car on a joué des matches officiels que l’on devait gagner pour se qualifier pour la Coupe du monde, mais, malgré tout, cela nous a permis de tester des choses, de créer ce groupe avec mon staff, et un équilibre entre les joueuses expérimentées et les plus jeunes joueuses. Même si je pense que l’on a trois catégories: les joueuses expérimentées, les jeunes joueuses expérimentées, et les jeunes joueuses.  

Ce mélange générationnel dont vous parlez ces derniers mois a vraiment pris selon vous ?  

Complètement. Les jeunes arrivent avec beaucoup d’insouciance et de fraîcheur, elles viennent augmenter la concurrence. Cela a créé un nouveau souffle et fait du bien à tout le monde. Et cela montre aussi qu’il peut y avoir d’autres bonnes joueuses dans notre championnat en dehors de l’Olympique Lyonnais et du Paris Saint-Germain. Et c’est bénéfique pour nos clubs, c’est très bien.

Jugez-vous que votre empreinte tactique sur l’équipe est satisfaisante ?  

Il y a des choses encore à travailler. Après il y a quand même des choses très positives. Sur cette saison, on a marqué beaucoup de buts, on en a encaissé très peu. Et quand on en a encaissé, on a été capable de garder un score positif et de remporter les matchs. Il y a évidemment des choses à ajuster, mais on a un groupe qui vit bien. L’idée c’est aussi de garder cette confiance que l’on a les unes envers les autres, mais également les joueuses envers le staff et réciproquement le staff envers les joueuses.  

Comment fonctionnez-vous avec votre staff resserré depuis le départ d’Éric Blahic ? 

J’ai deux adjoints maintenant en charge de choses spécifiques: Anthony Grech-Angelini sur la préparation athlétique et Gilles Fouache sur les gardiennes de but. Effectivement le staff est resserré mais l’important c’est qu’il y a beaucoup de confiance, de professionnalisme. Chacun sait ce qu’il doit faire, chacun est à sa place avec une mission bien particulière en fonction du corps de métier. Cela fonctionne très bien. Parfois, être un peu moins nombreux, est-ce que l’on n’est pas un peu plus efficace ? En tout cas, nous on a trouvé notre mode de fonctionnement et cela fonctionne bien.  

« Je me suis rendue compte que ce n’était pas ce qu’elles souhaitaient »

Depuis quelques temps, vous avez fait évoluer votre mode de management avec une nouvelle proximité avec vos joueuses. Comment ressentez-vous ce relationnel nouveau avec vos joueuses ? 

Tout simplement, je me suis rendue compte que ce n’était pas ce qu’elles souhaitaient. Je pensais bien faire en leur laissant du temps, il y avait quand même des discussions, je pensais que c’était ce qu’elles voulaient et en fait pas du tout. On a réussi à se le dire. Cela veut dire qu’au niveau de la communication, cela fonctionne bien. Aujourd’hui, les échanges sont beaucoup plus fluides, il y a beaucoup plus de proximité, de discussions informelles. On a aussi plus de connaissance des uns et des autres, parfois il faut du temps pour que les relations se construisent, pour apprendre à connaître l’autre. Pour certains, cela va très vite, et pour d’autres, cela peut prendre du temps Ce qui est intéressant, ce sont les échanges permanents. Aujourd’hui, une joueuse peut venir me voir pour me dire qu’elle ne se sent pas super bien, et on prend en compte.

Sur cette saison, l’un des moments forts dans l’évolution de ce groupe a été le retour du brassard à Wendie Renard.

Cela a été une décision mûrement réfléchie, partagée avec mes adjoints. Et surtout pour que cela fonctionne, il fallait que Wendie accepte, il faut aussi la remercier. Cela a créé tout de suite une émulation parce qu’elle peut aussi s’appuyer sur des taulières à côté d’elle. Comme dans son club, elle a aussi affaire à de jeunes joueuses, et puis on a gagné tous nos matchs. Elle insuffle quelque chose, elle impose quelque chose, et on a cette envie commune. Et puis, elle joue son rôle de capitane.  

Vu leurs performances cette saison, disposez-vous du front offensif le plus efficace d’Europe ? 

J’aimerais bien vous dire oui, mais si peux vous le dire le 31 juillet, cela m’arrangerait. Je pense que c’est un tout. On peut avoir un trio offensif aussi performant que si on a une stabilité importante derrière. On met peu en valeur aujourd’hui les performances de Pauline Peyraud-Magnin. Elle fait quelques arrêts décisifs dont on ne parle pas assez pour moi, et c’est ce qui fait la bascule à un moment pour que l’on soit efficace offensivement. Je parlerais plus d’un collectif même si certaines se mettent plus en valeur que d’autres.  

« Wendie joue son rôle de capitaine, elle impose quelque chose. On a cette envie commune » 

Pour faire la différence, vous allez pouvoir compter sur Marie-Antoinette Katoto. C’est la 9 dont l’équipe de France a besoin pour décrocher un titre cet été ?

Complètement. Pour revenir brièvement sur 2019 (la non sélection de Marie-Antoinette Katoto pour le Mondial), on avait fait le choix de la continuité et l’expérience. Aujourd’hui c’est l’attaquante de l’équipe de France. C’est une grande joueuse, il faut lui laisser la liberté, carte blanche, l’important pour elle c’est d’être au bon endroit au bon moment, et d’utiliser la bonne surface pour mettre le ballon au fond des filets. Elle a toujours envie, quand je la sors elle n’est pas très contente (sourire). Elle donne beaucoup, elle travaille sans relâche.  

Avez-vous mis du temps à digérer l’échec de 2019 ? 

Si je vous disais non, je vous mentirais. Comme je suis quelqu’un d’honnête je vais vous dire oui. Trop de temps… Cela a été trop long. Mais peut-être nécessaire. 

Qu’est-ce qui a été dur à digérer ?  

Trop de choses, trop de choses. Déjà l’échec de la compétition, et tout ce qui s’est passé derrière. Et pas toujours à juste titre. Mais ce n’est que mon point de vue, on pourrait en débattre, mais cela prendrait trop de temps. Mais en même temps, peut-être que cela été un mal pour un bien. Cela m’a permis de bien réfléchir, de bien me poser. Il y a eu beaucoup d’évolution. Après il y a des choses que l’on ne maîtrise pas non plus, qui nous sont imposées. Il faut parfois faire avec. Mais cela forge. Le maître-mot c’est adaptation. En fonction de situations, il faut s’adapter. C’est, je pense, ce que j’ai su faire. Aujourd’hui, j’ai une équipe certes resserrée, mais on a le même objectif, beaucoup plus de connivence et de respect entre nous, c’est ce qui nous fait avancer dans le bon sens.



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