Le placard est fermé à double tour pour lui. Molla Wague, en fin de contrat en juin prochain, s’entraîne avec la réserve du FC Nantes depuis presque six mois.

Une discussion laconique avec le coach Antoine Kombouaré a scellé le sort de Molla Wagué cet été. « Il m’a dit qu’il ne comptait pas sur moi, mais je n’ai pas eu d’autres explications. » A 30 ans, le défenseur central, prêté la saison dernière à Amiens (L2), veut sortir de cette impasse et cherche un nouveau défi car « l’envie est toujours là ». De Dubaï, où il est bloqué encore quelques jours car testé positif au Covid au moment de reprendre l’avion, Molla Wague, passé par Caen, Udinese, Leicester, Watford ou encore Nottingham Forest, s’est longuement confié à RMC Sport. Entretien. 

Où en êtes-vous avec le FC Nantes? Vous avez complètement disparu des radars depuis plusieurs mois… 

Je m’entraîne tous les jours avec l’équipe réserve (N2) de Stéphane Ziani, mais je ne joue pas les matchs le week-end car priorité aux jeunes. Ils ont besoin de progresser, c’est eux l’avenir du club. Je le comprends car j’ai été jeune. Je fais les séances et en plus, j’ai un préparateur physique avec qui je travaille. Je fais tout de mon côté pour me sentir bien.  

Quand avez-vous su que vous ne rentriez pas dans les plans de Kombouaré? 

Cet été, à la reprise. Au bout de deux jours, j’ai eu une réunion avec le coach. Il m’a dit qu’il ne comptait pas sur moi, mais je n’ai pas eu d’autres explications. Il m’a juste précisé qu’il voulait s’appuyer sur les joueurs qui avaient assuré le maintien du club en L1. Au moins, c’était clair. La direction m’a aussi dit qu’elle faciliterait mon départ l’été dernier. Et c’est encore le cas pour ce mercato de janvier. Le club me laisse libre. Philippe Mao, le directeur technique, et Franck Kita, le directeur général délégué, m’ont dit qu’ils ne compliqueraient pas les choses pour moi. 

Votre prêt à Amiens s’est pourtant pas mal passé? 

Oui, j’ai joué 24 matchs titulaire en L2 avec une dizaine de clean sheets. Malheureusement, en fin de saison, je me suis blessé à un genou. Je suis donc arrivé à la Jonelière cet été avec cette blessure au ménisque. Cela ne m’a pas aidé à la reprise avec Nantes.  

Comment vivez-vous le fait d’avoir été écarté? 

C’est la première fois de ma carrière que je suis complètement hors du groupe pro. Je n’ai aucun espoir de jouer un match no en pro, ni en réserve. C’était compliqué au début puis j’ai fait un travail sur moi. Le FCN ne croit pas en moi, mais d’autres clubs peuvent croire en moi.  

Vous en voulez au FC Nantes? A des gens en particulier? 

Non, je n’en veux pas à Nantes, même si j’aurais aimé avoir plus d’explications. Je leur en veux un peu pour ça. On me coupe dans mon élan. A 30 ans, c’est difficile et on se pose des questions. Je veux maintenant montrer à Nantes qu’il s’est trompé sur moi. Je n’ai jamais pensé arrêter le foot. Si ce n’est pas ici que je vais jouer, ça sera ailleurs… 

Vous en êtes où physiquement? 

Je ne suis pas un joueur fini. Je suis prêt à retrouver un nouveau challenge. L’envie est toujours là. L’équipe qui me fera confiance le verra. Je suis en pleine forme. J’ai énormément de fraîcheur et ça, ça peut jouer. Je suis prêt et bien préparé physiquement et mentalement.  

A quel type de challenges êtes-vous ouvert? 

Je suis ouvert à tout. Je peux m’adapter. J’ai bien aimé la Ligue 2. J’ai la conviction de pouvoir aider pas mal d’équipes.  

Votre salaire très élevé (90.000 euros) ne doit pas aider dans vos recherches? 

Il n’y avait eu rien de concret l’été dernier car ça bloquait par rapport à mon salaire, surtout en Ligue 2… Mais, je suis prêt à faire des efforts. S’il le faut, je ferai des concessions. Je veux absolument retrouver le plaisir de jouer au foot. 

Avez-vous parfois des regrets d’avoir signé à Nantes à l’été 2019? Vous n’avez été titulaire que 8 fois en L1 avec les Canaris (saison 2019-2020) depuis que vous avez signé… 

Non, c’était mon choix. Nantes ne m’a jamais mis la pression pour que je signe. Après, sportivement, j’ai quelque regrets… Je ne pensais pas que ça passerait comme ça. Dès que ça a changé de coach [Halilhodzic est parti juste après l’arrivée de Wague et a été remplacé par Gourcuff], j’ai senti que ça serait compliqué pour moi. Je fais en plus partie des gros salaires au club… Quand vous faites partie des gros salaires et que vous ne jouez pas, les clubs veulent vous voir partir. 

Avez-vous payé des débuts calamiteux lors de la saison 2019-2020? 

J’ai commencé à jouer avec Gourcuff [défaite à Lille 2-1 le 11 août 2019], je n’étais pas prêt physiquement. Je sortais de la Coupe d’Afrique des Nations, je n’avais pas récupéré de cette compétition. J’ai été catalogué comme un joueur pas au niveau. 

Vous avez parlé de la CAN. Vous allez la regarder à la télévision cette année… 

Oui, ça aurait dû être ma cinquième CAN de suite. A 30 ans, ça aurait été beau. J’attendais plus de la part de mon pays. J’ai fait beaucoup de sacrifices pour lui. J’ai même porté le brassard. Mon pays m’a laissé tomber. J’aurais aimé qu’il me montre plus d’affection et de respect. Je n’ai pas senti de soutien du Mali. 

Vous ne jouez plus. Il n’y a rien d’incongru à ce que vous ne soyez pas appelé… 

Il y a certains joueurs qui ne jouent pas dans leur club qui sont quand même appelés. Le Mali et moi, c’est une grande histoire. Je suis surpris de n’avoir eu aucune explication. Je suis ouvert au dialogue. C’est un peu la même chose qu’à Nantes sauf que là, je parle d’une histoire d’amour. Mais, je ne fais pas une croix sur la sélection. Cela va faire bizarre d’être assis dans mon canapé pour voir le Mali à la CAN. Je serai leur premier supporter. 



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Pied droit en or, pas de grigri, pas de chichi, un crochet une frappe et nous fermons le jeu, catenaccio :)