Alors que l’officialisation de son transfert de l’Inter Milan à Chelsea devrait vite arriver, Romelu Lukaku va retrouver un maillot qu’il avait quitté il y a sept ans devant le manque de perspectives. Retour sur la première histoire entre l’attaquant belge et les Blues.

L’officialisation est imminente. Pour une opération XXL. Lionel Messi à Paris? Oui. Mais non. L’autre grosse actualité du moment sur le marché estival concerne Romelu Lukaku. Sauf énorme retournement de situation, l’attaquant belge va bien quitter l’Inter Milan pour Chelsea contre un chèque de 115 millions d’euros. Un retour aux sources, ou presque, pour celui qui avait rejoint le club londonien à tout juste dix-huit ans en août 2011 en provenance d’Anderlecht (transfert à 15 millions d’euros) avant de le quitter trois ans plus tard pour s’engager à Everton, où il venait de signer une belle saison en prêt, contre 35 millions d’euros.

Sept ans plus tard, et après des passages par Manchester United et l’Inter, Lukaku va retrouver Stamford Bridge sous le maillot des Blues. Mais le faire revenir aura coûté 80 millions de plus que le montant rapporté par son départ. Et la question de se poser: mais pourquoi Chelsea et le Belge s’étaient-ils séparés à l’époque? La réponse tient en un mot. Perspectives. Après une première saison à douze apparitions (dont huit en Premier League) mais aucun but marqué, Lukaku est envoyé faire ses gammes à West Bromwich Albion pour l’exercice 2012-13. Une réussite.

A son retour à Londres, il joue deux matches de championnat l’été (toujours pas de but) et entre en Supercoupe d’Europe contre le Bayern Munich pour… rater le tir au but décisif. Juste avant de partir direction Everton, où son prêt sera encore plus réussi que celui à WBA, au point de pousser les Toffees à investir sur lui. A l’époque, les médias locaux expliquent que José Mourinho, alors dans son deuxième passage sur le banc de Chelsea, voulait le voir partir de Stamford Bridge car il n’aimait pas le joueur. En décembre 2015, juste après le limogeage du « Special One », l’attaquant belge avait apporté une vision différente dans les colonnes du Daily Express: « Les choix ont été faits par moi. Par moi. Pas par eux. Tout le monde dit que c’est la faute de Mourinho mais ce n’est pas le cas. J’ai été dans son bureau pour lui demander si je pouvais partir. Et il a été le premier à me dire: ‘Bonne chance!' »

« Aucun problème »

Mourinho n’a pas agi. C’est Lukaku qui a réagi. Conscient de ce qui était arrivé à quelques jeunes pousses des Blues et obligées de s’en aller pour fleurir au maximum de leur potentiel comme Kevin de Bruyne ou Daniel Sturridge (on peut aussi citer Thibaut Courtois même s’il est juste parti longtemps en prêt à l’Atlético de Madrid sans être vendu), Lukaku sait que Chelsea « n’est pas un club qui offre aux jeunes l’opportunité de vraiment prouver ce qu’ils valent car il l’a vu de ses propres yeux », confirme Bleacher Report dans un papier de juin 2014, juste avant son départ. Et le journaliste auteur de l’article, Gianni Verschueren, d’enfoncer le clou: « La plupart des jeunes talent s’empalent sur un mur de briques une fois à Chelsea. C’est la loi du plus fort dans ce club, qui a eu beaucoup de succès avec ce système. »

Les arrivées de Samuel Eto’o et Demba Ba la saison précédente et celle alors dans les tuyaux de Diego Costa finit de le convaincre. Les Blues n’ont plus rien à lui « vendre » comme projet d’avenir à court terme. Il faut trouver un club qui fait confiance aux jeunes et leur laisse le temps de se développer. Everton a le profil idéal. Et Lukaku n’hésite pas à tout expliquer au micro de Sky Sports: « Vous connaissez Chelsea… Chaque année, ils achètent un nouvel avant-centre de top niveau. Je me souviens d’arriver dans le vestiaire l’année dernière, de voir Samuel Eto’o et Demba Ba et me dire: ‘Whoah! Mais qu’est-ce qui se passe ici?’ Mais aucun problème. Beaucoup de clubs s’intéressent à moi et je dois penser à moi à ce moment de ma carrière. Je dois faire une bonne Coupe du monde. C’est un événement très intéressant pour tous les joueurs en quête d’un transfert et je dois être l’un d’eux. Chelsea connaît mon point de vue. »

Son Mondial ne sera pas le plus abouti, avec un but en trois apparitions, mais Everton n’a plus à être convaincu de sa volonté de recruter un joueur à l’avenir brillant. Sa sortie médiatique ne plaît pas aux fans des Blues, qui se déchaînent sur les réseaux sociaux en l’accusant d’être faible mentalement, pas capable de se battre pour sa place et trop vaniteux pour réaliser qu’un club comme Chelsea ne vous tend pas tout sur un plateau d’argent. La vérité est ailleurs. Le garçon a juste voulu se prendre en mains et ne pas gâcher de belles années où il risquait de trop cirer le banc de Stamford Bridge s’il s’était acharné.

« Le message est clair: on ne développe pas, on achète, écrit alors Bleacher Report. Ça a marché avant et ça continuera de marcher. Il n’y a rien de mauvais là-dedans mais une telle politique de transferts a des conséquences. Les fans vont le faire passer pour un démon pour avoir choisi la voie facile vers la sortie mais en réalité, une séparation entre les deux parties était courue d’avance depuis longtemps. Les jeunes talents et Chelsea ne vont pas bien ensemble, et le départ de Lukaku sera un rappel de ce fait. » Sept ans plus tard, son retour envoie un autre message: le Belge est bien devenu un des meilleurs spécialistes au monde à son poste. Qui oblige à payer cher pour le faire revenir.



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Pied droit en or, pas de grigri, pas de chichi, un crochet une frappe et nous fermons le jeu, catenaccio :)