C’est le mois des tensions. Rythme effréné, effectifs diminués, contexte pesant… Les explications sont nombreuses, mais les entraîneurs européens ont eu du mal à cacher leur nervosité ces dernières semaines. Et notamment ceux qui exercent en France. “Êtes-vous satisfait après cette victoire, malgré le contenu décevant ?”. La question, posée en conférence de presse à André Villas Boas après le court succès de l’OM contre Strasbourg début novembre (1-0), paraissait légitime. Très faible dans le jeu, l’OM avait subi neuf tirs et marqué sur sa seule frappe. Mais l’entraîneur marseillais s’agaçait fortement. “Décevant pour qui ? Pour toi ? Pour moi, non. Prends tes amis et le groupe déçu, vous allez là-bas. Le groupe des contents est dans le vestiaire de l’OM. Tu dois chercher Barcelone ou Juventus pour chercher du contenu”, assénait-il.

Quelques minutes avant, il avait déjà rétorqué sèchement à un journaliste en bord de terrain: “Quand on gagne un match avec les efforts, le match a été gagné grâce aux autres ? Mais qu’est-ce que vous dîtes ? Il faut arrêter. Faites des analyses concrètes. Il faut être objectif. Vous pensez que c’est facile de gagner à Strasbourg, à l’extérieur avec une série de trois matchs. Les mecs sont extraordinaires, font la différence. Il n’y a pas besoin d’être une personne du foot pour comprendre ça.”

Une attitude à laquelle le Portugais n’avait jusqu’ici pas habitué les journalistes et les supporters. Il répondait généralement avec calme et clarté. Mais la campagne pour le moment catastrophique en Ligue des champions (0 point, 0 but marqué) a tendu le contexte, alors que la qualité du jeu de son équipe en championnat reste très limitée. Après la défaite face à Porto mercredi (0-2), le coach était fermé et direct. Compréhensible au vu du triste record marseillais…

“Je vous aime”

Une lassitude, donc. Qui n’empêche toutefois pas AVB de rester globalement ouvert et souriant. Comme quand il évoque sa relation aux médias, avant le match contre Nantes ce week-end. “Je vous aime”, a-t-il rigolé. “On a une relation de respect, vous me dites quand les choses ne sont pas bien, je vous dis les choses quand je pense qu’elles sont mauvaises de mon point de vue… Cela a toujours été cordial. En Angleterre, je n’ai pas aimé, car c’est une presse qui vend du scandale”, explique celui qui dit avoir été ciblé par les médias lors de ses passages anglais (Chelsea et Tottenham).

“Je trouve que la presse marseillaise est trop ‘fan’, ajoute-t-il. Ici, c’est la passion. En Chine et en Russie, j’avais de bonnes relations. Au Portugal, c’est polarisé.”

Tuchel enchaîne les points presse

Un ton qui monte en conférence de presse, c’est aussi arrivé à Paris, cette semaine, avec Thomas Tuchel. L’entraîneur du PSG avait déjà montré des signes de lassitude sur certaines questions liées à son avenir ou au niveau de jeu de son équipe. Mardi, après une question sur un éventuel manque de confiance de son groupe après la victoire contre Leipzig (1-0), il a lancé: “J’ai l’impression que vous demandez toujours les mêmes choses. C’est toujours les mêmes questions”.

Avant de monter la voix: “Vous pouvez poser cette question dans le vestiaire, si vous avez les couilles de faire ça. Parce qu’il y a des joueurs morts… Ils ont tout donné, avec le cœur. Je suis fatigué! Je suis fatigué de répondre à vos attentes”. Une mise au point d’un coach lassé par les remises en question, les blessures de ses joueurs et un calendrier infernal qui lui fait enchaîner les face-à-face avec les journalistes. Malgré ces justifications, c’est un changement de ton marquant par rapport à ses débuts parisiens, où il lui arrivait d’user l’humour voire l’ironie.

Gasset défend Tuchel

Avant de jouer contre Bordeaux ce samedi soir (21h), Thomas Tuchel s’est lui aussi expliqué: “Je peux comprendre les critiques mais on a des positions différentes. Chacun a ses sentiments, je suis une petite part de ce groupe. Qu’on soit à côté ou sur le terrain, le sentiment est vraiment différent. Mais rien de grave”.

L’entraîneur allemand a d’ailleurs reçu le soutien de son adversaire du jour, Jean-Louis Gasset. “Je comprends tout à fait qu’il puisse s’irriter sur une question sur le contenu du match alors qu’il vient de gagner 1-0. Il a fait son job”, défend l’entraîneur bordelais. On se doute néanmoins que ce dernier ne dirait pas non si, après le match, Thomas Tuchel était amené à se justifier de nouveau. Cela pourrait vouloir dire que Bordeaux a fait un bon résultat…



Source de l’article, 2020-11-28 01:11:40

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