Après le forfait de Christopher Nkunku, Didier Deschamps a choisi de convoquer Randal Kolo Muani pour disputer la Coupe du monde au Qatar avec l’équipe de France. Une belle récompense pour l’attaquant de l’Eintracht Francfort, âgé de 23 ans, qui s’est révélé au FC Nantes. Avec des qualités au-dessus de la moyenne, un parcous mouvementé et une personnalité atypique.

Perché sur une chaise au milieu du réfectoire de Clairefontaine, il enchaîne les punchlines sous les yeux amusés de ses partenaires. Fraîchement appelé en équipe de France, Randal Kolo Muani a choisi de rapper un texte de Ninho pour son bizutage. Plus précisément son freestyle « Couvre-Feu » (en feat avec Leto), sorti en 2016 sur OKLM Radio. Bouteille d’eau à la main, l’attaquant de 23 ans se prête à l’exercice avec un naturel assez désarmant.

« On récupère comme Makelele. Sous pilon, même pas réveillé », balance-t-il devant l’assistance. De quoi faire réagir Didier Deschamps, qui lance un regard interloqué à ses adjoints. Le sélectionneur des Bleus ignore peut-être que « pilon » veut dire « haschich » ou alors il pense que le terme est lié à Claude Makelele. En tout cas, la scène régale les réseaux et reflète bien la personnalité de Kolo Muani. Brut et sans calcul.

« Au meilleur de sa forme »

Deux mois après ce baptême remarqué, l’attaquant de l’Eintracht Francfort est de retour en équipe nationale. Au meilleur moment. Après la blessure de Christopher Nkunku, touché à l’entraînement, Deschamps a décidé de faire appel à lui pour disputer la Coupe du monde 2022. Kolo Muani se trouvait au Japon avec son club lorsqu’il a appris la bonne nouvelle. Il va prendre un vol afin de rejoindre les coéquipiers d’Hugo Lloris au Qatar.

Selon une source proche de l’Eintracht, il est « au meilleur de sa forme ». Son entraîneur, Markus Krösche, s’est réjoui de sa convocation: « Randal l’a méritée grâce à ses bonnes performances. La Coupe du Monde peut l’aider à franchir une nouvelle étape dans son développement. Nous sommes heureux pour lui. »

Deux courtes apparitions chez les Bleus

A l’heure d’appréhender son premier Mondial, le buteur d’1,87m ne compte que deux sélections avec les Bleus. Après une apparition symbolique contre l’Autriche au Stade de France (2-0), il est entré à dix minutes de la fin au Danemark en Ligue des nations (2-0). Une manière de récompenser son bon début de saison outre-Rhin.

Arrivé libre l’été dernier, après la fin de son contrat à Nantes, Randal Kolo Muani s’est rapidement imposé à la pointe de l’attaque de Francfort, où il est sous contrat jusqu’en 2027. Le n°9 a inscrit huit buts et délivré 11 passes en 23 apparitions cette saison (toutes compétitions confondues). Il en a profité pour découvrir la Ligue des champions, en marquant deux fois en six rencontres, dont une face à l’OM (2-1).

Une montée en puissance en Allemagne

Après deux saisons prometteuses avec les Canaris (23 buts et 16 passes décisives en 87 matchs), qu’il a rejoint en 2015 à l’âge de 17 ans, Kolo Muani a découvert un environnement plus exigeant en Budensliga. « La principale différence, c’est qu’ici le travail est plus intensif, il y a plus d’efforts à faire qu’en France, a-t-il expliqué le mois dernier dans L’Équipe. Ici, quand on donne rendez-vous à 30, si tu arrives à 28 tu es déjà en retard! (…) Je fais deux fois plus de courses et plus d’efforts défensifs, c’est costaud athlétiquement. À Nantes, je pouvais marcher un peu à l’entraînement sur un jeu de conservation. Pas ici. »

Un rythme plus soutenu qui a permis à l’autre crack de Bondy (né dans la même ville de Seine-Saint-Denis que Kylian Mbappé) d’affûter son style sur le terrain. En exploitant encore mieux ses qualités de vitesse, de dribble et de finition. Jusqu’à recevoir une invitation surprise pour cette Coupe du monde.

Une ascension mouvementée

L’histoire est d’autant plus belle que RKM n’a pas eu un parcours linéaire balle au pied. Malgré son talent, il a failli tout envoyer valser à la fin de son adolescence. Après être passé par plusieurs équipes de la région parisienne, Villepinte, Trembley ou Torcy, Kolo Muani s’est retrouvé sans club. L’espoir du 93, issu d’une famille d’origine congolaise, a alors fait des essais en Italie, en Serie C et Serie B. Et il s’est même mis d’accord avec Vicence, une ville du nord située au nord du pays, alors en deuxième division. Mais son escapade transalpine ne s’est pas passée comme prévu.

« Ça se passe bien, je fais un mois là-bas mais mon père ne le sent pas, a-t-il expliqué en septembre dans un entretien accordé à Vista. Il est au bled et il m’appelle: ‘Qu’est-ce qui se passe? Ils parlent de contrat et tout. Il me demandait ce que c’était mais je ne connaissais rien. Je voulais à tout prix rester, je commençais à sortir des mythos comme ‘c’est un an, ne t’inquiète pas’. Il m’a dit ‘ce n’est pas clair tout ça’. Mon père est grave focus sur l’école. Il m’a dit que je devais rentrer car l’école reprenait. J’ai dit ‘non, je ne veux pas rentrer’. Mais il m’a pris un billet de train pour le lendemain à 10h. J’ai pleuré toute la nuit, fin du rêve. »

Il a failli arrêter le foot à 17 ans

De retour en Île-de-France, Randal Kolo Muani a alors songé sérieusement à ranger ses crampons à l’aube de sa majorité. « Je me suis dit: ‘Qu’est-ce que je vais faire?’. Je vais repartir à l’école. Le foot, c’était fini entre guillemets. Je n’avais plus rien et je ne voulais plus continuer. »

Mais Kolo Muani s’est tout de même accroché à son rêve en rencontrant celui qui deviendra son agent. Après quelques semaines d’entraînement à Neuilly-sur-Marne, il a effectué un essai au Stade Rennais. Mais le club breton a préféré miser sur Adama Diakhaby (sans club depuis son départ d’Amiens l’été dernier). Nantes en a alors profité pour récupérer le jeune attaquant. Sept ans plus tard, il s’apprête à disputer la plus prestigieuse des compétitions…



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Pied droit en or, pas de grigri, pas de chichi, un crochet une frappe et nous fermons le jeu, catenaccio :)