Dans le contrôle de la gestion financière des clubs, la France est probablement pionnière en Europe. En effet, en 1984, la Direction nationale de contrôle de gestion des clubs de football professionnel (DNCG) était créée. Ce qui fait d’elle un ancêtre du fair-play financier de l’Union européenne des associations de football (UEFA). Leur but est clair : s’assurer de la pérennité des institutions de football et ne pas les laisser trop s’endetter afin de pouvoir continuer à participer aux compétitions.

Si leur but est identique, leurs manières de faire sont bien différentes. Dans l’Hexagone, le Paris Saint-Germain, pour ses contrats de sponsoring, et l’Olympique de Marseille pour ses dépenses, n’ont pas été inquiétés. En revanche, sur le Vieux Continent, les revenus du Paris SG ont été réduits tandis que le club de Frank McCourt et de Jacques-Henri Eyraud va voir son cas sévèrement jugé par l’Instance de contrôle financier des clubs de l’instance européenne.

La DNCG laisse la main à Frank MCcourt, l’UEFA non

Mais pourquoi donc, si le but est identique, les méthodes sont-elles si différentes ? C’est relativement simple en réalité. Du côté de la DNCG, les fonds sont vérifiés et peu importe qu’ils viennent de l’actionnaire ou d’un contrat de sponsoring, dont les flux sont bien évidemment vérifiés. En revanche, l’UEFA refuse absolument que l’actionnaire majoritaire remette au pot pour laisser son club à flots et préfère donc que les clubs ne dépendent pas de cela.

En gros, si l’OM accuse un déficit de 60 millions d’euros à la fin de la saison, en France, on acceptera que Frank McCourt mette cette somme sur le tapis pour renflouer les caisses de son club, ce qui est exclu par l’UEFA, qui demandera plutôt aux Phocéens de trouver d’autres revenus comme baisser leur masse salariale ou même de vendre quelques éléments bankables. Lors de la présentation des chiffres de l’année, Jean-Marc Mickeler, le patron de la DNCG, a d’ailleurs un peu tancé l’instance européenne.

L’UEFA devrait adapter son système

« Ils réfléchissent à faire évoluer le système et je pense que le nôtre est le meilleur, il faudrait qu’ils fassent converger le leur vers le nôtre. À la fin, l’important, c’est ce qu’encaisse un club. Quand un club s’endette, on tire le signal d’alarme. Nous avons donc deux approches totalement différentes et je l’ai déjà exprimé à Andrea Traverso (responsable des licences de clubs et du « fair-play financier » à l’UEFA, ndlr) et à ses équipes : nous avons le meilleur système qui est celui qui garanti le mieux la pérennité, le fair-play et l’équité », avait-il expliqué avant de donner par exemple le cas du contrat de sponsoring du club de la capitale française.

« Sans vouloir polémiquer, le contrat en question concerne un réel flux d’argent et il sert à investir. Ces flux sont validés par les commissaires aux comptes, ils ont une réelle existence juridique. L’UEFA a décidé de ne pas s’inscrire dans la fourchette de prix de certains experts, ça leur appartient. Nous, on se base sur des cabinets d’expertise indépendants et rien n’autorise quiconque, dans le droit français, de contester ces montants-là », avait ainsi conclu Jean-Marc Mickeler.

Avec les récentes sanctions à l’endroit de Manchester City, suspendu des compétitions européennes pour les deux prochaines années, et des appels des Skyblues, Aleksander Ceferin, le patron de l’UEFA, avait dit : « il est trop tôt pour dire à quoi il ressemblera à l’avenir, mais nous y réfléchissons et nous devrons probablement nous adapter. » L’Union européenne des associations de football décidera-t-elle de se diriger vers un système à la française ? L’avenir post-coronavirus nous le dira…

Source de l’article, Constant Wicherek 2020-03-26 22:35:22

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