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Une baisse de niveau chez les cadors

C’est un constat implacable : le niveau du haut de tableau de Liga a drastiquement baissé. En terme de talent, point sur lequel on reviendra plus tard, mais aussi et surtout si on parle de plan de jeu. Les équipes qui cartonnent aujourd’hui en Europe ou sur leur scène nationale, comme le Bayern ou Manchester City, ont un style de jeu très marqué et une ligne directrice évidente. Ce n’est pas toujours le cas en Espagne. Si Ronald Koeman commence à bâtir quelque chose, Zinedine Zidane et Julen Lopetegui donnent parfois l’impression de naviguer à vue, alors que Diego Simeone ne sait pas encore vraiment comment aborder les gros rendez-vous européens, tiraillé entre ses idées défensives qui ont marché dans le passé et une envie de donner un nouvel élan aux siens. Une analyse qui peut s’étendre à bien d’autres clubs de Liga évoluant en première partie de tableau. Les meilleurs entraîneurs ne travaillent pas en Espagne aujourd’hui, et ça se sent, avec des écuries espagnoles souvent à la ramasse en Europe.

Les meilleures individualités ne sont plus en Liga

Pour gagner des titres, il faut des grands joueurs. Mais aujourd’hui dans les équipes qui mènent la danse en Espagne, il n’y a plus beaucoup d’individualités capables de faire des différences, que ce soit dès le début d’un match ou en cours de rencontre. On ne parle pas forcément d’éléments du niveau de Cristiano Ronaldo ou de Lionel Messi, mais également de joueurs appelés “de complément”. L’exemple du Real Madrid est flagrant. En 2017 par exemple, quand l’équipe de Zinedine Zidane va au bout, on a sur le banc des joueurs du niveau de Pepe, Kovacic, James Rodriguez ou Alvaro Morata, tous très performants à l’époque. Aujourd’hui, le banc merengue fait pâle figure à côté. On peut appliquer cette réflexion au FC Barcelone, dont l’effectif actuel a bien plus de lacunes que lors du dernier titre en 2015. Des manques qui s’expliquent notamment par des finances de moins en moins compétitives par rapport à celles des autres clubs européens, et également par le travail parfois très médiocre dans les bureaux, avec des clubs assez mal structurés en interne.

Le style de jeu de la Liga n’aide pas

Week-end après week-end, la tendance est claire : on s’ennuie en Liga. Nombreuses sont les équipes qui jouent pour ne pas perdre plutôt que pour gagner, un phénomène similaire à celui qu’on a connu pendant longtemps en Ligue 1. On retrouve souvent deux lignes de quatre bien compactes devant la surface, avec une volonté de jouer en transition rapide en exploitant les contre-attaques du mieux possible. Résultat : les gros clubs espagnols sont très rarement bousculés les week-ends, et affrontent des adversaires qui ne leur rentrent pas vraiment dedans. Une fois sur la scène européenne, avec des équipes bien plus offensives et avec de meilleures individualités qui plus est, ils sont donc facilement déstabilisés.

Le rythme est plus élevé en Europe

Ceci rejoint le point soulevé un peu plus haut. En Espagne, du fait du style de jeu d’une majorité d’équipes, le rythme est très faible, même somnolant. On joue souvent en trottinant, sans avoir forcément besoin de s’employer à fond pour marquer et remporter les rencontres face à des adversaires jouant très bas. La plupart des buts inscrits sont le fruit d’actions individuelles plutôt que d’actions d’équipes bien construites. Une fois en Europe, il est difficile de hausser le niveau, avec des rivaux qui, pour schématiser, courent dans tous les sens tant lorsqu’il faut faire un pressing très haut, comme lorsqu’il faut prendre d’assaut la surface en lançant d’énormes vagues offensives. Les différences sur le plan physique sont colossales.

L’arbitrage est différent

C’est un point dont on parle peu, mais qui reste très important. Sur la 25e journée de championnat espagnol, il y a eu une moyenne de 32 fautes par rencontre, contre seulement 20 en Premier League et 25 à 26 en Serie A, Bundesliga et Ligue 1 sur ce même week-end. De quoi hacher considérablement le jeu, mais surtout, de déstabiliser les joueurs, qui connaissent un arbitrage différent en Espagne et en Europe. Lors des rencontres de Ligue des Champions et d’Europa League, les individus au sifflet laissent bien plus de liberté aux défenseurs, et des duels ou des coups d’épaule sifflés automatiquement en Espagne ne le sont pas sur la scène européenne. Il faut donc revoir son jeu, sa façon de jouer, et c’est tout sauf évident pour les individualités habituées à s’en sortir avec une faute au moindre contact tous les week-ends.

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