Au minimum demi-finaliste de toutes les compétitions internationales qu’elle a disputées entre 2006 et 2016 ainsi que victorieuse de la Coupe du monde 2014, l’Allemagne a fait preuve d’une grande maîtrise sur le football. Pourtant, la situation n’est plus la même depuis la Coupe du Monde 2018. Sortie sans gloire à la dernière place d’un groupe où le Mexique, la Suède et la Corée du Sud figuraient, la Mannschaft n’a pas fait mieux en Ligue des Nations en terminant dernière derrière les Pays-Bas et la France. Si, depuis, on avait observé une amélioration avec une qualification pour l’Euro 2020 acquise avec une première place devant les Oranjes, les derniers rassemblements ont prouvé que la révolution qu’avait promis Joachim Löw se veut encore trop fragile.

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Si, pour des raisons de Covid-19, l’Euro 2020 n’a pas eu lieu et se tiendra à l’été 2021, l’Allemagne a disputé la Ligue des Nations. En s’appuyant sur ce qui avait fonctionné lors des matches éliminatoires et amicaux, Joachim Löw espérait entretenir la dynamique positive et continuer la reconstruction de l’effectif mais le mal est bien plus profond. D’un point de vue comptable, c’est loin d’être catastrophique avec des matches nuls contre l’Espagne (1-1), la Suisse (1-1) et la Turquie (3-3) ainsi qu’une victoire contre une Ukraine remaniée (2-1), mais le contenu est affligeant et à des années-lumière de ce que proposait l’Allemagne auparavant.

Les critiques fusent en Allemagne

En Allemagne, les critiques s’élèvent à l’image de l’ancien international Lothar Matthaüs dans Bild : «encore une fois, les erreurs tactiques de «Jogi» Löw ont coûté la victoire suite aux remplacements. Je suis étonné quand je vois qu’il y a beaucoup de joueurs (…) jouant pour l’Allemagne qui sont sur le banc dans leurs clubs. C’est exactement pourquoi personne en Allemagne n’allume plus la télévision.» Il faut dire que l’ancien joueur du Bayern Munich n’a pas totalement tort quand des joueurs comme Antonio Rüdiger (Chelsea), Benjamin Henrichs (Leipzig), Nico Schulz (Dortmund), Julian Draxler (Paris SG), Jonathan Tah (Leverkusen) ou encore Mahmoud Dahoud (Dortmund) ont joué contre la Turquie et/ou l’Ukraine alors qu’ils sont remplaçants en club.

Avec un vivier moins fourni, l’Allemagne doit composer sans des éléments qui ont vite claqué la porte de la sélection ou sont en totale perte de vitesse comme Mesut Özil, Mario Götze, Sami Khedira et André Schürrle. À ces noms se rajoutent ceux de Thomas Müller et Jérôme Boateng volontairement oubliés et qui performent actuellement au Bayern Munich. Deux joueurs symboles de l’Allemagne lors de la dernière décennie qui pourraient apporter leur leadership et leurs qualités à un groupe limité.

Une défense en difficulté

Même son de cloche pour le joueur de Dortmund Mats Hummels, qui est aussi sur le carreau. Ce que n’a pas manqué de commenter notre confrère de Fussball Transfers Niklas Scheifers : «à mes yeux, Löw devrait rappeler Mats Hummels, compte de tenu de son expérience et de ses qualités de passes (surtout les passes longues) mais il ne le fait pas…» Face à des choix et un contexte qui réduisent ses possibilités, Joachim Löw patauge et essaye d’abord de rétablir la défense. Cela n’est pas vraiment efficace pour l’instant puisque l’Allemagne a encaissé un but minimum lors de ses 5 derniers matches. Surtout, personne ne rassure vraiment à ce poste et cela perturbe aussi l’attaque, qui est délestée d’un élément.

«En Allemagne, des voix s’élèvent pour dire que Löw devrait jouer avec 4 défenseurs pour avoir un joueur de plus dans le secteur offensif de l’équipe. Je serais d’accord. La défense est le plus gros problème par rapport à l’équipe d’il y a quelques années. À part Neuer, il n’y a pas de joueur de classe mondiale en fait», nous explique Niklas Scheifers. Parmi ces voix, on retrouve Bastian Schweinsteiger nouveau consultant par ARD, dont le constat est assez dur envers son ancien coach. «Les résultats ne sont pas corrects. L’attractivité est un peu perdue. Vous ne pouvez plus vous identifier pleinement à l’équipe nationale. Cela est bien dommage ! J’attends une réaction pour ramener le public devant la télévision. Il manquait un joueur au milieu de terrain ou à l’avant. Je dirais qu’au lieu de jouer avec une ligne de cinq (en défense ndlr), vous jouez avec une ligne de quatre. Ce serait mieux pour le match», a-t-il notamment lâché après une victoire 2-1 contre une Ukraine remaniée.

Joachim Löw sur la sellette

Ce résultat est d’ailleurs symptomatique puisqu’après 7 matches de Ligue des Nations, l’Allemagne a obtenu sa toute première victoire dans la compétition. Loin des standards de la Mannschaft et de ce qu’il avait proposé avant avec cette équipe, Joachim Löw est de plus en plus menacé. Certes, d’un côté, les résultats tiennent la route et il reste des points positifs. Déjà, l’équipe conserve des leaders avec Manuel Neuer, Joshua Kimmich, Toni Kroos et Leon Goretzka. De plus, le secteur offensif est en amélioration et peut compter sur une identité renforcée. «L’Allemagne reste une équipe avec de bons passeurs et beaucoup de possession de balle. En particulier la connexion Bayern (Kimmich, Gnabry, Sané, Goretzka) qui s’est bien développée», n’oublie pas de mettre en avant Niklas Scheifers. Face à la France, au Portugal et en vainqueur du barrage Islande-Hongrie en phase de poules de l’Euro 2020, l’Allemagne aura fort à faire. Pour justifier son statut et répondre présent lors de la compétition, la Mannschaft devra vite relancer la machine. La sonnette d’alarme est tirée.

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