Sa réponse est explosive. Sur son compte Instagram, ce mardi, Patrice Évra a pris la parole dans une vidéo pour dénoncer les propos de Noël Le Graët affirmant que le racisme n’existe “pas ou peu” dans le football. Face caméra pendant huit minutes, entre plusieurs mots peu flatteurs ou même injurieux à l’égard du président de la Fédération française de football, l’ex-international tricolore s’indigne. “Il faut faire virer Le Graët, parce qu’il a vraiment déconné”, débute-t-il, parodiant l’air de Petit Papa Noël après avoir fait réécouter l’interview polémique diffusée le 15 septembre sur BFM Business.

“C’est grave. (…) Je n’ai pas de mots”, lâche l’ancien joueur de 39 ans, réclamant à plusieurs reprises que Noël Le Graët ne soit pas reconduit dans ses fonctions lors des élections de la FFF prévues en mars. “Il faut partir. (…) Tu ne vas pas avoir le courage de te représenter? On ne peut pas laisser passer ça”, s’alarme-t-il.

“T’as parlé comme si t’étais au quartier. (…) J’ai perdu tout mon respect pour toi, pourtant les Basques sont des gens solides et respectueux”, ajoute Patrice Évra, omettant sans doute que le dirigeant de 78 ans est d’origine bretonne.

Des joueurs blancs préférés à des joueurs noirs pour des photos avec le président de la République?

Mais au-delà des attaques ad hominem et de la dénonciation des propos controversés, l’ancien latéral gauche de Manchester United affirme avoir été témoin de faits de racisme en équipe de France, à Clairefontaine: “Au château, tu sais très bien ce qu’il se passe. Combien de lettres racistes on reçoit?”. Il donne alors des exemples explicites, notamment de courriers qui seraient adressés au sélectionneur: “«Didier reprends tes singes et dégage en Afrique! Barre-toi avec tes singes et tes gorilles!» Combien de lettres comme ça? On les cache, mais j’en ai vu certaines. On reçoit même des cartons remplis de caca”.

Patrice Évra relate également des discriminations par rapport à la couleur de peau lors des visites d’un chef de l’État à Clairefontaine: “On sait que l’équipe de France n’appartient à aucun joueur, mais au peuple français. Mais on a quand même des places attribuées. Quand on mange, on a l’habitude de se mettre à côté de ce gars, parce qu’on a de bonnes relations etc… Mais à chaque fois que le Président venait, ou des hommes politiques, tout changeait. J’étais assis là et, d’un seul coup, j’étais au bout de la table. Là où il y avait normalement Mamadou Sakho et Bacary Sagna, beaucoup de sombritude (sic), il fallait changer. On mettait un Hugo Lloris et un Laurent Koscielny et le Président au milieu”.

“Mais on savait, poursuit-il sans donner davantage de précisions sur la période concernée. C’était les règles du jeu. On est en France, pas chez nous. Quand il y avait une photo du Président, c’était mieux de voir un Hugo Lloris et un Laurent Koscielny à côté de lui, qu’un Mamadou Sakho ou un Bacary Sagna. C’est dommage”.



Source de l’article, 2020-09-29 05:41:37

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