83e minute. Robert Lewandowski vient de marquer le sixième but du Bayern et le VAR vérifie pour la forme un potentiel hors-jeu de l’attaquant polonais. Dans le rond central, Lionel Messi a le regard dans le vide. Puis les mains sur les genoux et la tête basse. Désemparé, presque dégoûté. Il incarnait peut-être le seul motif d’espoir d’un Barça hoquetant face à un Bayern tourneboulant tout sur son passage.

Messi peut évidemment beaucoup et même très souvent. Mais il a quand même certaines limites. Le génie barcelonais n’a rien pu faire face aux géniaux munichois en quart de finale de la Ligue des champions (8-2). Il était contre seul contre tous. Et il a longtemps été, hormis deux ou trois caviars, dans un jour sans.

Personne pour l’aider…

Quand toutes les combinaisons offensives du Bayern passaient, que tous les choix de ses attaquants étaient les bons, “Leo” multipliait, lui, les mauvais. L’Argentin a même affiché quelques signes d’agacement au cœur de la première période. Les choses n’avaient pas si mal commencé, avec un bon décalage côté droit sur Sergi Roberto (3e) ou une bonne percée conclue par une frappe trop molle (20e). Il y a ensuite eu un corner mal tiré (26e) mais surtout des courses qui manquaient de tranchant et d’idée.

La comparaison avec les offensives adverses est à ce titre terrible. Quand un joueur du Bayern touchait le ballon dans les trente derniers mètres adverses, au moins quatre de ses coéquipiers (Lewandowski, Müller, Gnabry, Perisic, Goretzka, Alcantara…) se mettaient immédiatement en mouvement autour de lui pour proposer des solutions et perturber l’arrière-garde catalane.

Quand Messi touchait le ballon – puisque ses coéquipiers tentaient évidemment de le trouver la plupart du temps – il ne se passait… absolument rien ou presque. Luis Suarez était trop lent ou trop loin et Arturo Vidal était rarement dans le bon tempo.

Même avec Griezmann, toujours rien

Quand tout semblait simple et évident côté Bayern, tout semblait dur et impossible pour le Barça. Messi n’a jamais été aidé et il n’était pas non plus très en jambes. L’entrée d’Antoine Griezmann dès la reprise de la deuxième période aurait pu permettre à l’Argentin de jouer un peu plus bas et de trouver des ouvertures plus intéressantes dans la profondeur ou des appuis en une touche judicieux. Ces situations ne sont jamais venues.

>>> abonnez-vous à RMC Sport pour ne rien rater du Final 8 de la Ligue des champions

Une défense souvent parfaite sur lui

“Dès que Messi aura le ballon dans les pieds, il faudra que nous soyons proches de lui. Nous devons être agressifs dans les duels et ne pas tomber dans l’émotion. Nous ne pouvons pas défendre individuellement face à lui. A chaque fois que j’ai affronté Lionel Messi, nous l’avons contrôlé en équipe, collectivement. C’est la seule chose qui peut fonctionner”, avait décrypté Thomas Müller avant ce quart de finale. Les Allemands ont appliqué ces préceptes à la lettre, cherchant à réduire l’espace devant l’Argentin et le temps de mise en action lorsqu’il prenait la balle en position arrêtée.

Au Bayern, tous les éléments offensifs, auxquels ont peut ajouter les deux milieux de terrain, ont été impliqués sur les buts. Messi a simplement fait du Messi lorsqu’il a été capable de trouver Suarez dans la surface allemande pour le deuxième but catalan (2-4, 57e). C’était une soirée sans pour le Barça. Et sans pour Messi. Dépassé, comme toute son équipe face à un Bayern magnifique.



Source de l’article, 2020-08-14 11:16:16

Déjà 302 000 dans de Foot inscrits
Recevez par email chaque semaine au choix les actualités, les résultats, les meilleurs articles et les pronostics sélectionnés par le Dr Socrates.
Tir Au But !
close-link