Pourquoi avoir choisi de revenir en France au RC Lens ?

C’est un très beau projet qui m’a été proposé. C’est vrai que je suis partie un peu précipitamment de Djibouti par rapport aux conditions sanitaires là-bas et par rapport à ma santé, parce que je suis une personne à risques. C’est un projet hyper intéressant qui demande de la construction, beaucoup d’investissement et surtout qui s’étale sur du moyen terme, voire du long terme, pour pouvoir atteindre les objectifs fixés par le président. A savoir de monter en première division. Je trouve que c’est un super challenge. Et puis arriver dans un club historique et mythique du football français, c’était difficile de refuser quand même.

Au-delà de la montée en D1, quelles sont les ambitions du club ?

Les ambitions sont claires et simples: monter en première division et prendre le temps de bien le faire. On va d’abord bien stabiliser la situation de l’équipe féminine. On va s’intégrer au fur et à mesure chez les garçons au RC Lens. Ce sera une année de transition cette saison. Et puis passer les paliers pour aller en première division et surtout s’y installer. On veut monter et bien y figurer, avoir un vrai classement et avoir nos chances de défendre nos couleurs au plus haut niveau féminin.

A quel horizon cet objectif est-il fixé?

On se fixe deux à trois ans pour monter. La priorité reste de construire, poser les fondations, structurer toute la section féminine, même s’il y a déjà du travail de fait à Arras avec les jeunes. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire pour que l’on ait notre identité et nos joueuses formées ici au club, comme chez les garçons, pour que l’on puisse avoir l’état d’esprit et les valeurs du club dès le plus jeune âge.

“Être professionnelle ce n’est pas seulement gagner de l’argent en jouant au foot”

Dans ce costume de manager, vous avez carte blanche ?

Oui, c’est vrai, j’ai la totale confiance du président et c’est un honneur, cela aide dans le travail. Surtout j’ai été super bien accueillie! Je crois que parmi tous les clubs que j’ai pu faire, c’est la première fois que je ressens un véritable engouement, un accueil chaleureux et professionnel. On rentre dans une structure qui est rodée entre guillemets et qui connaît le haut niveau. On sait où on met les pieds et c’est rassurant.

Votre carrière d’entraîneure c’est ce rôle de batîsseuse. A Montpellier, Guingamp ou à Djibouti vous avez aussi construit et maintenant à Lens…

Oui, je suis une pionnière comme me dit mon mari (sourire). J’aime marquer l’histoire, j’espère que l’on se souviendra de moi quand on écrira l’histoire du football féminin français. Même si je ne fais pas ça pour ça. Mais je pense que cela fait partie de mon parcours et ma manière d’aider le football. Je veux aider, donner de ma personne, c’est de cette manière-là que je m’exprime le mieux. Lens reste un très beau club et puis le défi en lui-même de construire, de faire partie d’une aventure où on va marquer l’histoire finalement.

Quel est le statut de vos joueuses?

On aura deux contrats fédéraux (en D2 les clubs peuvent en avoir jusqu’à 12 désormais, ndlr). On a quelques joueuses qui sont sous contrat un peu différent, et quelques joueuses qui sont aussi rémunérées par rapport à leurs frais de déplacement.  Il y a un peu de tous les profils, dans l’ensemble cela reste un effectif assez jeune. Ce qui me motive aussi: pouvoir amener ce groupe à devenir professionnel. Mais avant cela, on doit un petit peu éduquer les joueuses à ce statut. Dans le sens où elles étaient vraiment amateures, donc il faut les amener à devenir professionnelles ce n’est pas seulement en signant un contrat ou en touchant de l’argent pour jouer au foot. Cela fait partie de toute une éducation, une attitude, un comportement. Cela fait partie de mon travail et sur ça j’ai beaucoup de boulot.

“Je rêve de l’ambiance de Bollaert”

Vous sentez que les féminines vont vraiment faire partie intégrante du RC Lens?

Cela peut peut-être aller un peu plus vite car les mentalités ont évolué ces dernières années. Mais il ne faut pas brûler les étapes. On a été mises dans les meilleures conditions, un bureau, des installations mises à disposition, tout est très fonctionnel. On s’entrainera à La Gaillette quatre fois par semaine. J’aime bien fonctionner au mérite, si les résultats sont là, j’espère que le reste suivra.

Vous croyez à l’engouement populaire autour des féminines. L’ambiance de Bollaert est une des plus belles de France….

J’en rêve et j’ai déjà eu des prémices! A partir du moment où j’ai signé ici, j’ai reçu des centaines de messages de supporters garçons qui me souhaitaient la bienvenue, qui disaient qu’ils allaient venir soutenir les filles. Cela m’a touchée. Et je pense que vraiment on va pouvoir avoir du public et on envisage de faire un match de gala à Bollaert, peut-être deux suivant les conditions d’organisation et ce qui sera possible de faire.

Le président lensois disait lors de la présentation officielle que cela allait de soi d’avoir une section féminine aujourd’hui…

Oui, c’est un beau discours. On ne l’entendait pas il y a quelques années. J’étais ébahie par son discours. On sent vraiment la motivation, c’est à nous maintenant de prendre les choses en mains et derrière, c’est sûr il y aura des retours. A Montpellier, les gamins ont fait leur formation avec les filles, pour eux le football féminin, c’est naturel. Mais il y a encore du travail en effet, il y a certains clubs où ce n’est pas le cas.



Source de l’article, 2020-07-22 10:56:25

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