André-Pierre Gignac était l’invité exceptionnel de l’émission Rothen s’enflamme ce jeudi sur RMC. Entre ses ambitions avec les Tigres de Monterrey, l’Olympique de Marseille, les rumeurs qui envoient Zidane au PSG ou encore son envie de poursuivre sa carrière encore quelques années, l’attaquant de 36 ans, exilé au Mexique depuis 2015, s’est livré sur de nombreux sujets. Avec son franc-parler habituel.

Comment allez-vous André-Pierre ?

Ça va, en direct de Cancùn, où on fait notre pré-saison. On a commencé il y a déjà une semaine. On se lève à 6h30 du matin, donc ça va, ce ne sont pas trop les vacances. En plus, je pense que la réussite de ma saison passe par une bonne pré-saison: si je fais une bonne pré-saison, je serais en rythme toute la saison et je serais performant.

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Sur la saison dernière, vous avez été plutôt performant…

Oui, 22 buts. Je reste sur une belle saison. Mais, en début de saison, je revenais des Jeux olympiques. J’ai décidé de prendre part à l’entraînement après un vol de 17 heures. Sur une reprise de volée, je me fais un arrachement osseux de la cheville droite… J’étais fatigué ! Malgré mon âge et mon expérience, je n’ai pas assuré sur ce coup et ça a pris un peu de temps pour revenir. Mais, quand je suis en rythme, ça se passe bien. Le préparateur physique qu’on a ici, c’est du très haut niveau.

Pour préciser, vous êtes en pré-saison mi-juin parce que, au Mexique, le calendrier a été fait pour donner du temps à la sélection dans l’optique de la Coupe du monde…

Exactement. Quand nous (la France, ndlr) on est parti aux Jeux olympiques, on a eu dix jours de préparation. Le Mexique, lui, a eu deux mois. Ils prennent vraiment ça très au sérieux. Ils ont envie de passer les 8es de finale à la Coupe du monde.

Quels sont les objectifs de votre club en ce début de saison ?

On sort d’un cycle de 10 ans avec le même entraîneur. C’est une manière de travailler complètement différente. L’année dernière, notre nouveau coach, l’ancien sélectionneur du Mexique Miguel Herrera, est arrivé avec une nouvelle philosophie de jeu qu’il a essayée de mettre en place pendant un an. Au Mexique, il y a deux championnats: un d’ouverture et un de clôture. A l’issue des matchs aller-retour, les huit premiers sont qualifiés pour les playoffs, avec quart de finale, demi-finale et finale. Toute l’année, si on prend un championnat normal comme celui de la France, c’est nous qui avons fait le plus de points, on était la meilleure attaque. Mais, sur les playoffs, sur deux matchs, tout peut arriver. Sur le premier tournoi, on était qualifiés jusqu’à la 96e minute et on prend un but. On a donc perdu le championnat d’ouverture en demi-finale. Au championnat de fermeture, on fait un match aller catastrophique où on perd 3-0 chez le champion et au retour, à la maison, on était qualifiés jusqu’à la 94e minute (les Tigres menaient 4-1, avec un triplé de Gignac, avant de voir leurs adversaires revenir à 4-2, ndlr) et on sort en demi-finale.

Mais moi, j’adore ce format, j’adore les playoffs. Tu te mets dans un autre monde, une autre concentration. C’est exceptionnel car celui qui termine 8e peut gagner le championnat. En France, on sait très bien qui survole le championnat. Mais imagine on fait un format avec quart de finale, demi-finale et finale ? On est pas sûr que celui qui gagne le championnat finisse champion car tout peut se passer sur deux matchs.

Surtout quand on a une équipe comme le PSG en France…

Je pense que personne ne se reposerait sur ses lauriers. Même Paris, quand ils finissent leur saison, qu’ils savent qu’ils sont champions et qu’ils lâchent un peu… Si tu leur mets des playoffs, attention ! Je pense que ça peut être pas mal, ça mettrait ce piment en plus qu’il manque en France ces dernières années. Si le meilleur veut être champion, qu’il soit concentré jusqu’au bout.

On vous voyait peut-être entraîneur à la fin de votre carrière, mais vous allez peut-être plus être dirigeant et concurrencer Vincent Labrune…

(Rires) Non… Mais si tu penses bien les choses, ça peut être intéressant.

« Il faut consolider tout ce que l’OM a bien fait cette année et aller chercher des joueurs de niveau Ligue des champions. »

Qu’avez-vous pensé de la saison de Ligue 1 et plus particulièrement celle de l’Olympique de Marseille ?

Il faut être honnête, je suis seulement la saison de l’OM. Sampaoli, c’est un peu comme Bielsa. Le Chili de Bielsa, le Chili de Sampaoli… Moi, j’adore ces principes de jeu. Mon capitaine, Guido Pizarro, a eu Sampaoli à Séville. Il m’a dit que Sampaoli explique tous les déplacements. C’est une équipe joueuse. Après, personne n’est parfait, tous les entraîneurs se trompent. Parfois, la tactique se rate, c’est normal. Mais l’OM a fait une très grosse saison. Aujourd’hui, quand tu termines deuxième du championnat, c’est presque comme si tu étais champion (rires).

Que pensez-vous que l’OM doit faire pour bien figurer en Ligue des champions la saison prochaine ?

Je pense qu’il faut consolider. Tu as Milik, un attaquant de classe mondiale, tu as réussi à garder Guendouzi qui a 300 poumons… Il faut vraiment de l’expérience en Ligue des champions. Tu ne peux pas rester sur une Ligue des champions à zéro point. Moi, je l’ai vécue la saison à zéro point en Ligue des champions. Il faut consolider tout ce que l’OM a bien fait cette année et aller chercher des joueurs de niveau Ligue des champions.

On ne vous a pas demandé de revenir… ?

Non, non, non… Et de toute façon, je ne reviendrai pas. Ils n’ont pas besoin de moi. Aujourd’hui, j’ai 36 ans. Tu as Milik, Dieng, qui doit prendre un peu de poids dans cette attaque. Et on sait que parfois Sampaoli n’aime pas jouer avec un numéro 9…

Après, il y a par exemple Payet, qui a 35 ans et que vous avez essayé de recruter…

Je ne pense pas que ça aurait été possible. C’était fake. Aujourd’hui, les Tigres doivent renouveler le groupe car la colonne vertébrale est assez âgée. Flo (Thauvin) rentre dans un nouveau cycle et ça va être lui le leader.

Comment s’est passée cette première année pour lui ?

Ce n’est pas une erreur, car c’est exceptionnel, mais il est parti aux Jeux olympiques. Le premier match avec nous, il était bien, il avait du gaz. Lors d’un match (contre les Pumas de Mexico le 25 septembre, ndlr), à la 15e minute, il se pète sur un sprint. Il faut savoir aussi que, un match sur deux, on joue à un horaire différent, que les équipes choisissent. Par exemple, si tu joues contre les Pumas, à Mexico, c’est le dimanche, à midi, sous 40° et avec 1 500 mètres d’altitude. Tu as aussi des matchs à Mazatlàn où tu es au niveau de la mer avec un taux d’humidité de 90%. Donc l’adaptation est compliquée. Moi, quand je suis arrivé, je n’arrivais pas à respirer quand on jouait en altitude, il me fallait cinq minutes après un effort de 30 mètres. Mais Flo, il est là ! Il a faim.

L’important, c’est aussi de se sentir bien dans sa vie, et là, on a l’impression qu’il est heureux ici…

Oui, il est heureux. Le talent, il l’a. Lors des matchs importants, il a été présent.

Avec du recul, avez-vous des regrets d’avoir participé aux Jeux olympiques ? Ou au moins le regret que ça se soit passé comme ça, avec une élimination en poule ?

Le regret que j’ai, c’est qu’on n’a pas été pris au sérieux. Les prochains Jeux olympiques sont en France, c’est ça le problème et c’est ça qui m’a déçu. En France, on va tout faire pour que Kylian Mbappé vienne et avoir la grosse équipe. Mais, les Jeux olympiques d’avant, où il fallait faire bonne figuration pour arriver à Paris, les clubs ont refusé de laisser partir les joueurs. Je n’ai rien contre Lyon, j’adore Monsieur Aulas, mon papa est copain avec lui. Mais Guimaraes a fait les JO avec le Brésil. Donc tu laisses un Brésilien rejoindre sa sélection pour faire les JO et tu refuses Caqueret avec la France ? Ce n’est pas correct.

Gignac aux JO de Tokyo
Gignac aux JO de Tokyo © ICON

Qui vous a le plus impressionné dans la sélection de la France aux Jeux olympiques ?

Kolo Muani, c’est très fort. Beka-Beka, au milieu de terrain, c’est fort aussi. Après, il y a Ismaël Doukouré, il avait 17 ans quand il est arrivé aux Jeux olympiques. Tu imagines tout ça ? Les mecs, tu les sors de leur club, de leur préparation, tu les envoies aux JO… Moi, je l’ai pris très au sérieux. J’ai adoré entourer ces jeunes. Je suis un passionné et un compétiteur, mais je savais que contre le Mexique ça allait être compliqué.

« Maintenant, j’ai une préparation et une hygiène de vie exceptionnelles, donc je ne vois pas pourquoi je n’y arriverais pas. »

Si on vous propose en 2024, vous y retournez ?

J’aurais 38 ans ! Même si j’aurais toujours la dalle et que je me sens hyper bien.

D’ailleurs, vous pensez vous arrêter quand ?

Je suis arrivé aux Tigres en 2015, l’objectif est de partir en 2025, ça fera dix ans dans le club. Je travaille le double tous les jours, j’ai mon préparateur physique avec moi à la maison à Monterrey. Je suis prêt. Mentalement, j’ai 25 ans dans ma tête. J’ai su gérer tout ce qu’il y a autour du football. Maintenant, j’ai une préparation et une hygiène de vie exceptionnelles, donc je ne vois pas pourquoi je n’y arriverais pas.

Pour finir, que pensez-vous des rumeurs qui envoient Zidane au PSG ?

Ça me fait mal au coeur (rires). Il faut dire ce qui est. J’ai toujours été dans la rivalité avant les matchs, j’ai toujours joué ce jeu-là. Moi, j’ai été baigné dans cette rivalité. Je suis né à côté de Marseille, depuis que je suis tout petit, c’est la rivalité avec Paris. Quelqu’un qui n’est pas baigné dans cette rivalité va te dire que c’est bien de voir Zizou revenir en France. Mais non, pour un Marseillais, ce n’est pas bien. C’est un grand entraîneur, donc c’est sûr que tous les clubs vont le vouloir. Paris est en train de devenir un monstre européen, donc c’est normal qu’ils veulent Zidane. Mais moi ça me ferait mal au cœur. Je préfère qu’il attende de voir ce qu’il se passe avec l’équipe de France, même si je pense que ça va être compliqué de faire ce qu’a fait Didier Deschamps. Je préférerais qu’il prenne son mal en patience.

F.Ga avec Rothen s’enflamme



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Pied droit en or, pas de grigri, pas de chichi, un crochet une frappe et nous fermons le jeu, catenaccio :)