Miné pas les désaccords, souvent inaudible et rongé par les lenteurs administratives, le football professionnel français sort de la crise du coronavirus chargé de questionnements et convaincu qu’une refonte de sa gouvernance est urgente. Des projets de réforme émergent, suscitant espoirs mais aussi inquiétudes.

“J’appelle à une réforme de la gouvernance depuis le début de mon mandat. La crise n’a fait que mettre en lumière la lourdeur de notre gouvernance, qui comporte un mille-feuilles d’instances. Ce système ne nous permet pas d’être aussi agile et efficace qu’on devrait l’être. Ce que je souhaite aujourd’hui, c’est définir avec les clubs, les indépendants, les familles, la Fédération, une gouvernance qui soit à la hauteur de la vision et des enjeux qui sont les nôtres”, explique ce samedi Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue de football professionnel (LFP), auprès de l’AFP.

Elle propose de “fusionner les syndicats”

“C’est la gouvernance du football professionnel qui doit être revue dans son ensemble, pas uniquement celle de la Ligue. Pour rendre la gouvernance du football professionnel plus efficace, il faut relancer le dialogue paritaire et fusionner les syndicats de clubs professionnels”, ajoute-t-elle, appelant également à davantage de “stabilité” et à une simplification des instances.

“Il y a un partage des tâches qui n’est pas toujours très clair entre le Bureau et le Conseil d’administration. Cela ne marche pas, car les mêmes sujets peuvent être abordés dans quatre ou cinq endroits différents avec des lignes directrices et des résultats différents. Il faudrait que ce Conseil d’administration redevienne l’organe dirigeant de la Ligue, avec une réduction de ses membres”, estime Boy de la Tour.

Pour certains acteurs du football français, le fonctionnement à deux têtes de la LFP, avec d’un côté Boy de la Tour et de l’autre Didier Quillot, directeur général exécutif, pose également problème. “Il faut un changement de gouvernance. Ce n’est pas un problème de personne. Didier et Nathalie sont de bonnes personnes. Mais nous souhaitons le retour à une gouvernance avec une personne forte, comme la FFF avec Noël Le Graët”, avait ainsi expliqué en mai Bernard Caïazzo, président du conseil de surveillance de Saint-Etienne et de de Première Ligue, le syndicat principal des clubs de Ligue 1. Questionnée sur ce sujet, Boy de la Tour reconnaît qu’il “faut clarifier les rôles”.

Elle veut des “pouvoirs étendus” pour la présidence

“On a besoin de revenir à un président qui choisit son directeur général. L’objectif est de redonner au président les pouvoirs les plus étendus pour représenter la Ligue et assurer la direction générale ou bien confier celle-ci à un directeur général qu’il désignerait”, souligne la présidente de la LFP. Dans l’After Foot, début juin, Jean-Michel Aulas avait lui appelé le football français à s’inspirer de ses voisins européens, en militant notamment pour la création d’une société commerciale. “Si on veut faire des économies et optimiser, il faut s’adapter sur le schéma à l’anglaise”, avait-il appuyé. Pour Boy de la Tour, “c’est important de regarder ce qui se fait bien ailleurs dans le football européen”.

“Maintenant, attention: le football français n’est pas le football italien ou anglais. On doit faire avec notre histoire, notre culture, mais aussi notre cadre réglementaire et législatif. La démarche de se mettre autour de la table, de regarder comment faire évoluer notre gouvernance, est nécessaire et je m’en réjouis”, précise-t-elle. Les prochaines élections à la Ligue sont prévues pour novembre.



Source de l’article, 2020-06-27 06:43:59

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