Incapable de gagner lors de ses quatre matchs de Ligue des nations en juin, l’équipe de France interroge à cinq mois de la Coupe du monde mais n’inquiète pas Didier Deschamps. Le flou règne sur la tactique, les nouveaux venus n’ont pas convaincu mais il y a des circonstances atténuantes.

Un système qui tâtonne

Avec deux nuls, deux défaites et une élimination du Final Four, l’équipe de France est complètement passée à côté de ses débuts en Ligue des nations. Les joueurs ont semblé perdu dans les dispositifs tactiques varaibles. Alors que Didier Deschamps semblait avoir opté pour le 3-5-2 ces derniers mois, il a revu ses plans dès le deuxième match en Croatie après la défaite inaugurale face au Danemark dans ce schéma. Le sélectionneur est revenu au 4-4-2 et a même fait un bond dans le temps en optant pour un 4-3-3 qui n’a jamais vraiment correspondu à ces Bleus-là face à la Croatie (0-1), lundi.

Ces tâtonnements interrogent et plusieurs questions restent en suspens, notamment au poste d’arrière droit où aucun candidat ne se dégage. Benjamin Pavard y a de nouveau été aligné lundi après avoir retrouvé une place dans l’axe. Jules Koundé a aussi testé à ce poste où il n’est pas à l’aise alors que Jonathan Clauss, nouveau venu depuis mars, a été appelé pour jouer en 3-5-2. Les deux derniers matchs de Ligue des nations en septembre (le 22 face à l’Autriche, puis le 26 au Danemark) seront les dernières occasions de trouver le bon système.

Des nouveaux venus encore tendres

Les nombreuses absences de cadres ont permis à plusieurs joueurs de s’inviter en Bleus. Mais ils ne repartent pas vraiment avec la sensation d’avoir marqué les esprits. Cela vaut principalement pour les défenseurs à l’instar de William Saliba ou Ibrahima Konaté, un peu tendres et fautifs (Saliba un peu court sur le but de Cornelius face au Danemark, Konaté à l’origine d’un penalty contre la Croatie) lors de ces rencontres. Appelé en mars, Jonathan Clauss n’a pas vraiment eu sa chance cette fois (12 petites minutes en deux matchs). Devant, Moussa Diaby et Christopher Nkunku ont été remuants mais n’ont pas encore trouvé la faille.

« Il faut peut-être 10, 20 ou 30 matchs pour avoir des automatismes, souligne Daniel Riolo, éditorialiste RMC dans l’After. Les jeunes sont bons individuellement dans leur club mais quand il s’agit de s’associer avec d’autres joueurs en équipe nationale, ce n’est pas la même chose. Tu te dis que le réservoir n’est peut-être pas prêt pour une Coupe du monde dans cinq mois. C’est l’enseignement à tirer de ce mois de juin pourri. »

Une grande fatigue

Au moment de trouver les raisons de ce fiasco, l’une d’entre elles a vite émergé: l’extrême fatigue des joueurs. Karim Benzema a joué son 56e match de la saison lundi, Kylian Mbappé le 55e. Cela valait aussi pour Luka Modric mais Didier Deschamps a particulièrement insisté sur ce point. « L’énergie est tellement supérieure chez l’adversaire et cela fait que c’est dur de lutter, a convenu le sélectionneur. On n’avait certainement pas les moyens sur ce match. On prend un but sur penalty au tout début, ça les met dans le confort et nous dans la difficulté. Mais c’est à l’image de ce rassemblement, où les organismes sont très sollicités. On a manqué de force, d’énergie, de caractère. Il faut l’accepter, même si ça fait mal de ne pas avoir été capable de gagner un match. Ces rassemblements de juin sont compliqués depuis que je suis là. Cette fois il l’est encore plus. »

Une « sale période » pour Deschamps, endeuillé

Ce rassemblement a été particulièrement éprouvant pour Didier Deschamps, qui a appris le décès de son père le 31 mai. Après avoir laissé la main à Guy Stéphan pour le premier match face au Danemark, il a retrouvé ses joueurs pour les trois matchs suivants avec l’esprit ailleurs et triste. Il l’a lui-même reconnu. « Je n’avais pas la force ni l’énergie suffisante à transmettre aux joueurs, a-t-il déclaré. J’aurais eu de mauvaises vacances de toute manière, même si on avait gagné les matches, mais pour des raisons plus personnelles. C’est une sale période. Il faut apprécier les bonnes périodes, sans oublier que ça ne reste que du football. Perdre, il n’y a rien de plus qui peut m’énerver, mais il faut l’accepter et faire en sorte de repartir sur le droit chemin. »

Les cadres attendus de pied ferme en septembre

Les Bleus ont traversé ce mois de juin sans plusieurs cadres champions du monde. Paul Pogba était forfait pour ce rassemblement, Raphaël Varane s’est blessé lors du premier match alors que Lucas Hernandez et N’Golo Kanté ont quitté le rassemblement. Kylian Mbappé s’est aussi blessé mais a tout de même marqué, en étant diminué, en Autriche alors que Karim Benzema (auteur d’un but magnifique contre le Danemark) a tiré la langue. Antoine Griezmann semble, lui, en perte de confiance et ses prestations n’ont pas vraiment rassuré après une saison terne en club. Les vacances tombent à point nommé pour ces joueurs qui auront des réponses à apporter en septembre.

Aucune inquiétude chez les Bleus

Didier Deschamps ne cède pas à la panique après ce fiasco mais promet de vivre un été difficile et studieux à cinq mois de défendre le titre de son équipe en Coupe du monde. Il compte sur les vacances pour retrouver des joueurs régénérés à la rentrée et promet de tirer des leçons de ce rassemblement qui a permis d’illustrer la difficulté de faire sa place dans cette équipe. « Des certitudes, en foot ça n’existe pas, convient DD. Je ne suis pas inquiet. J’aurai l’analyse et la réflexion avec mon staff, mais il y aura besoin de beaucoup, beaucoup plus de choses si on veut maintenir le standing qui est le nôtre. Il faudra faire beaucoup plus à la rentrée pour se préparer à l’échéance qui est la nôtre. A partir du moment où on n’a pas fait ce qu’il fallait, il faut faire sa propre autocritique aussi. Les résultats nous donnent tort. J’espère qu’on pourra récupérer toutes nos forces, notre caractère et notre esprit combattant. »

Promu capitaine pour la première fois de sa carrière internationale (deux fois contre la Croatie), Presnel Kimpembe ne trouve la situation inquiétante. « Non, a-t-il balayé. Le contexte est différent. Il y a une Coupe du monde qui arrive, il reste un peu de temps pour la préparer même si ça va arriver très vite. »



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Pied droit en or, pas de grigri, pas de chichi, un crochet une frappe et nous fermons le jeu, catenaccio :)