« Il peut utiliser toutes ses qualités dans cette position de milieu défensif et ses qualités parlent d’elles-mêmes sur le terrain. Il se développe vraiment bien et il se donne toujours à 100%. C’est juste merveilleux. » En conférence de presse d’après match, Hansi Flick, l’entraîneur du Bayern Munich n’a pas tari d’éloges sur son nouveau maître à jouer Joshua Kimmich.

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L’absence de Thiago Alcantara au milieu de terrain contre le Borussia Dortmund a permis à Kimmich d’avoir encore plus de place pour rayonner. Son activité, aussi bien en défense pour presser haut les joueurs de Dortmund qu’en attaque pour sortir les ballons proprement depuis son propre camp, a été impressionnante comme l’attestent ses 13,7 km parcourus, ses 8 ballons récupérés et ses 109 ballons touchés un peu partout sur le terrain durant la rencontre.

Trimbalé entre deux postes (latéral droit et milieu défensif) depuis le début de saison, Kimmich semble désormais se stabiliser en tant que milieu défensif, un poste qu’il occupait déjà régulièrement en sélection nationale. C’est en tout cas la direction prise par Hansi Flick.

« C’est à l’entraîneur de décider quelle position je vais jouer. Je ne me soucie pas du poste, mais il est important pour moi qu’il y ait une certaine cohérence. Si vous souhaitez répéter votre performance encore et encore au plus haut niveau, il est difficile de changer de position toutes les une à deux semaines. En équipe nationale, la position à laquelle je joue est claire. Avec le Bayern Munich, c’était un peu variable », déclarait l’intéressé en début d’année 2020.

« Pas assez bon et costaud pour jouer avec l’équipe 2 de Stuttgart »

Cette polyvalence est une caractéristique qui suit le natif de Bösingen, un petit village de 1700 habitants situé près de Stuttgart, depuis ses débuts. Fan de Zidane, Schweinsteiger et Tomas Rosicky, dont il portait fièrement les maillots quand il était petit, Kimmich a toujours eu un attrait pour le poste de milieu de terrain. C’est d’ailleurs au poste de milieu défensif qu’il est formé au VfB Stuttgart sans jamais avoir eu la possibilité de jouer avec les seniors.

« Après 4 ans au sein des équipes de jeunes du club, j’en voulais plus. Je n’avais que 18 ans mais je sentais que j’étais prêt pour jouer avec l’équipe senior 2 de Stuttgart qui évoluait en troisième division. Mais les entraîneurs de l’équipe m’ont dit : “tu n’es pas assez bon et pas assez fort physiquement”, en ajoutant que j’avais besoin d’une saison supplémentaire chez les jeunes parce qu’il y avait plusieurs joueurs à mon poste dans les équipes professionnelles et qui étaient meilleurs que moi », racontait Kimmich dans The Players Tribune.

Pour s’émanciper, le joueur décide de rejoindre le RB Leipzig en 2013, qui évolue alors en troisième division. Très vite, il gagne sa place de titulaire et demeure l’un des grands artisans de la belle saison de Leipzig qui accède à la deuxième division la saison suivante. Durant l’intersaison 2014, il remporte l’Euro U19 avec l’Allemagne en étant titulaire au milieu de terrain. Ses prestations sont remarquées et quelques semaines plus tard, il tape dans l’oeil de Pep Guardiola, venu le superviser lors d’un Munich 1860 – RB Leipzig, sur les conseils du responsable du scouting du Bayern Munich, Michael Reschke.

Un diamant brut poli par Guardiola

Ce qui a séduit l’entraîneur catalan c’est son « leadership, son sens du jeu et du rythme, sa faculté de mettre en ordre toute l’équipe, la façon de contrôler avec un pied puis relancer avec l’autre, l’instinct pour les couvertures et son sens aigu de l’anticipation », comme le raconte Marti Perarnau dans son livre “Pep Guardiola, la métamorphose”.

Avant de s’engager au Bayern Munich durant l’été 2015 contre une indemnité de 8,5 millions d’euros, Kimmich s’est longuement entretenu avec Guardiola, qui lui a assuré qu’il allait avoir sa chance et qu’il misait sur lui. La promesse a été tenue mais Kimmich a eu la surprise d’être aligné au poste de défenseur central pour combler les blessures sérieuses de Badstuber et Javi Martinez.

« Avec Pep, j’ai savouré chaque séance d’entraînement. C’est un technicien perfectionniste qui se soucie constamment du détail et qui ne veut rien laisser au hasard. Ses séances étaient d’une incroyable intensité. C’est un amoureux du beau jeu. Sur un plan personnel, il m’a fait évoluer à différents postes pour faire de moi un footballeur polyvalent », racontait Kimmich à nos confrères de France Football en février 2019.

Lors d’un Klassiker contre le Borussia Dortmund en mars 2016, Kimmich est aligné d’entrée en défense centrale et réalise déjà une performance de top niveau mais Guardiola le prend spectaculairement à partie dès le coup de sifflet final pour lui signaler son mauvais positionnement en fin de match, qui aurait pu coûter la défaite au Bayern. Après cet échange musclé, Pep serre Kimmich dans ses bras et lui glisse « Tu as fait un super match Josh. Tu es bon, très bon. Je suis très fier de toi », comme le dévoile Marti Perarnau dans son livre.

Lahm et Xabi Alonso comme mentors

Souvent comparé à Philipp Lahm en raison de sa maîtrise technique, son intelligence de jeu et sa faculté à être excellent aussi bien au poste de latéral droit que milieu défensif, Kimmich a confié qu’il s’était inspiré de son aîné qu’il a pu côtoyer et observer pendant deux saisons pleines à Munich, comme Xabi Alonso, son autre mentor.

« Il était vraiment spécial dans son jeu. Ses transversales d’une précision chirurgicale m’ont toujours impressionné. Mon poste de prédilection est le même que le sien et il a été une vraie source d’inspiration. Sa lecture du jeu était incroyable. J’ai été flatté d’être son coéquipier . C’est sans doute le joueur le plus fort avec lequel j’ai joué. Dans le système de Guardiola, Xabi était le footballeur parfait. Il savait toujours à qui il ferait la passe avant même de recevoir le ballon. Il était le cerveau de l’équipe », expliquait Kimmich à France Football.

Avec de tels référents et mentors, on comprend mieux comment le joueur a pu acquérir un tel niveau de maîtrise technique et tactique à tout juste 25 ans. Kimmich est aussi un garçon humble mais avec beaucoup de caractère comme il l’a montré lors de la Coupe des confédérations 2017 quand il a tenu tête à Arturo Vidal, qui cherchait à l’intimider. « Je lui ai juste dit de parler moins et de jouer plus », confessait-il à Bild. Bien éduqué par deux parents très présents à ses côtés, Kimmich a également vu naître son premier enfant en juin 2019. Sa maturité sur le terrain et en dehors lui donnent déjà des aptitudes de leader.

« Il m’arrive de donner des ordres à des cadres comme Jérôme Boateng, que ce soit en match ou à l’entraînement. Cela ne me fait pas peur. On ne devient pas capitaine du jour au lendemain, mais au fur et à mesure des prestations et en affichant au quotidien un certain état d’esprit. Un capitaine a un devoir d’exemplarité », reconnaissait le joueur toujours dans France Football. D’ailleurs, Joshua Kimmich a déjà porté le brassard de capitaine de l’équipe d’Allemagne lors d’un match amical contre l’Argentine en octobre 2019. Le report de l’Euro va lui donner encore un peu plus de temps pour s’affirmer en sélection et peut-être confirmer qu’il fait partie des meilleurs au milieu de terrain défensif du monde. Affaire à suivre…

Source de l’article, Frederic Yang 2020-05-28 21:00:00

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