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Cet été, le transfert de Marcos Llorente à l’Atlético de Madrid avait fait du bruit. Forcément, les transferts entre les deux clubs de la capitale espagnole sont très rares, et avant celui qui a permis à Theo Hernandez de se transformer en Merengue en 2017, un pacte de non-agression existait entre Rojiblancos et Blancos. Un accord verbal qui datait de 2010, alors qu’un jeune joueur de l’Atlético, Iván Saéz, à l’époque âgé de 15 ans, avait rejoint le Real Madrid. Un épisode qui a déplu du côté du Vicente Calderon, et l’état-major colchonero avait tenu à avoir une réunion avec Pérez. Et c’est là que le pacte a été scellé.

Mais l’arrivée du milieu de terrain espagnol en terres rouges et blanches, qui a en plus un passé très madridista avec son père Paco qui avait joué au Real Madrid alors que son oncle Gento est même considéré comme une légende du club, n’avait pas forcément été accueilli de façon négative par les supporters. Il faut dire que sur le papier, son recrutement faisait sens. L’Atlético de Madrid venait de perdre Rodri, parti pour Manchester City. Même si ce dernier était vite devenu indispensable pour le Cholo Simeone et qu’il était un rouage essentiel de l’équipe de la saison dernière, il n’avait pas forcément le profil idéal pour l’Atlético, aussi paradoxal que celui puisse paraître au vu de son niveau. Tout le contraire d’un Marcos Llorente, milieu de terrain au profil défensif mais plus rugueux, agressif, imposant physiquement et a priori plus adapté au jeu colchonero, là où le joueur passé par Villarreal semble plutôt capable d’exploiter au mieux son potentiel dans un jeu de position.

Une première partie de saison pratiquement blanche

S’il n’avait pas forcément eu énormément de chances sous les ordres de Zinedine Zidane, malgré des prestations globalement convaincantes, en Espagne tout le monde se souvenait de sa saison 2017/2018 avec Alavés. De quoi justifier les 40 millions d’euros déboursés par les Colchoneros il y a un peu moins d’un an ? Pas forcément, d’autant plus que les premiers mois de Llorente sous la tunique rouge et blanche ne se sont pas forcément bien passés. Barré par le duo Thomas Partey-Saúl, avec un Koke qui repassait dans l’axe quand le numéro 8 était utilisé ailleurs sur le terrain, la flambante recrue de l’Atlético a dû se contenter des miettes. Hector Herrera passait même devant lui en sortie de banc. Entre le début du championnat en août et la fin du mois de janvier, il n’avait démarré que quatre matchs… et a été remplacé à la pause dans trois d’entre eux ! Le reste du temps, il a enchaîné rencontres vues intégralement depuis le banc et quelques entrées en jeu par ci par là.

Mais tout a changé en février. Privé de Koke pour le derby madrilène, Diego Simeone a tenté le pari d’aligner Marcos Llorente face à son ancien club, dans ce milieu à deux, accompagné de Thomas Partey. Une expérience plutôt concluante, et dès lors, Llorente a commencé à gagner de l’importance, avec des titularisations régulières ou des entrées en jeu en deuxième période. On se rappelle notamment de sa belle prestation face à Valence le 14 février, ponctuée par un but, ou de ce bon match contre Séville quelques jours avant le fameux duel de Liverpool qui a probablement tout changé. Remplaçant à Anfield, il est entré en jeu en deuxième période. La suite, tout le monde la connaît, avec un doublé et une passe décisive pour Alvaro Morata qui ont scellé l’exploit colchonero sur la pelouse du champion d’Europe en titre. Et depuis le retour de la trêve, il continue d’impressionner, avec deux passes décisives et un but face à Osasuna (5-0) notamment.

Simeone a été convaincu à l’entraînement

Comment expliquer cet apport statistique conséquent pour un milieu de terrain défensif ? C’est simple, Diego Simeone l’utilise désormais à une position bien plus avancée, en seconde pointe pratiquement. C’est dans cette configuration qu’il était entré à Anfield, remplaçant João Félix, et il avait commencé dans ce rôle face à l’Athletic pour la reprise de la Liga par exemple. Sa formation en tant qu’ailier, avant d’être repositionné dans l’axe, a sûrement aidé, mais son adaptation à ce nouveau poste est pour le moins impressionnante. Très à l’aise techniquement lorsqu’il s’agit de briser des lignes balle au pied – domaine où il a probablement surpris le plus de monde – il est également en mesure d’adresser de sacrés caviars à ses partenaires. On comprend également pourquoi son entraîneur insistait autant pour qu’il prenne sa chance, puisque sa finition est digne d’un véritable attaquant. Il nous rappelle, dans un profil tout de même un peu différent, le Raul Garcia de l’époque, milieu de terrain également utilisé à des fins très offensives par Diego Simeone. Mais si le joueur aujourd’hui à l’Athletic avait surtout pour but de faire mal aux défenses et d’être précieux dans le jeu aérien, Llorente est plus utile dans un registre de création, dans le dernier tiers du terrain plutôt que seulement dans la surface. En quelque sorte, il est ce porteur de ballon que Thomas Lemar aurait dû être.

Et ce n’est clairement pas un coup de chance, puisque le tacticien argentin avait déjà commencé à travailler sur ce repositionnement il y a longtemps. Des journalistes suivant assidûment l’actualité rojiblanca expliquent ainsi que, même s’il a attendu février pour lui concrétiser ce repositionnement, Simeone a commencé l’utiliser dans ce rôle à l’entraînement dès novembre. « En le voyant s’entraîner, avec ses qualités techniques, physiques, et sa capacité à frapper, l’option est apparue. On a vu qu’il marquait, qu’il marquait et marquait encore à l’entraînement. on en a parlé avec lui et c’est une alternative importante maintenant », expliquait l’ancien de River vendredi dernier. Après la période d’adaptation plus ou moins longue que connaissent très souvent les recrues de l’Atlético, le joueur de 25 ans est désormais un membre important de l’équipe, faisant partie des 12/13 premiers noms cochés par Simeone lorsqu’il prépare ses rencontres. Reste désormais à voir si Llorente deviendra, à force, un attaquant de métier, ou si ce remplacement est juste temporaire, comme l’a laissé entendre l’Argentin. Les arrivées potentielles de joueurs comme Edinson Cavani tout comme le possible départ de Thomas Partey pourraient logiquement pousser l’entraîneur à l’utiliser à nouveau à son poste naturel dès la saison prochaine…



Source de l’article, Max Franco Sanchez 2020-06-24 20:44:46

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