Le Monde s’est procuré un rapport confidentiel issu d’un audit réalisé en septembre 2020 par un cabinet privé, sur demande de Noël Le Graët, le président de la FFF. Ce document met en lumière des conflits violents et de sérieux dysfonctionnements au sein de la fédération. Avec en toile de fond: le management décrié de Florence Hardouin, la directrice générale.

Les révélations du Monde ne vont sans doute pas arranger les affaires de la FFF. Le quotidien s’est procuré un rapport confidentiel issu d’un audit réalisé en septembre 2020 par le cabinet privé Plein Sens, à la demande de Noël Le Graët, le président de la Fédération. Ce document de dix-neuf pages, intitulé « Enquête au sein de l’équipe de direction suite à plusieurs plaintes pour harcèlement », n’aurait pas été dévoilé en intégralité aux collaborateurs de la FFF.

En s’appuyant sur les auditions de dix-huit dirigeants, dont Florence Hardouin, la directrice générale, le rapport dépeint une ambiance délétère, envenimée par des conflits violents et de sérieux dysfonctionnements. De quoi intéresser la commission d’inspection diligentée en septembre dernier par la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, dont les conclusions sont attendues en janvier 2023, après la Coupe du monde au Qatar.

Dans ce rapport rédigé il y a deux ans, l’auditeur décrit « une situation intenable », qui s’est nettement détériorée après la victoire des Bleus à la Coupe du monde 2018 en Russie. Florence Hardouin est notamment mise en cause. La DG est accusée de s’être « affranchie de l’autorité du président », qui soignait alors une leucémie, afin de se rapprocher de Dider Deschamps et de l’équipe de France.

Alcool, insultes et comportements outranciers

Un incident est notamment rapporté lors d’un vol suivant le 8e de finale victorieux contre l’Argentine au Mondial (4-3). Cinq directeurs, décrits comme « complètement bourrés », auraient eu « des comportements outranciers », selon des temoins. Une attitude dont s’était offusquée Hardouin. L’un d’eux, Marc Varin, le directeur financier, a ensuite dénoncé des enquêtes diligentées contre lui après la plainte (finalement classée sans suite) d’une collaboratrice pour « agression et harcèlement sexuel ». Varin considère que cette affaire a été montée de toute pièce pour le discréditer, même s’il a été condamné à verser 10.000 euros de dommages et intérêts à la plaignante par le conseil des prud’hommes.

En septembre 2019, ce même Marc Varin s’est accroché verbalement avec Jean Lapeyre, le directeur juridique, lors d’un comité de direction, où les insultes ont fusé. Les deux dirigeants ont failli en venir aux mains. Plusieurs collègues ont alors regretté l’inaction d’Hardouin face à une situation exécrable.

Hardouin critiquée pour son management

D’une manière générale, le rapport extrait de l’audit égratigne « le style managérial » d’Hardouin, qualifié de « brutal, au mieux, sec et très maladroit », « incohérent », qui dépasse même « la limite de l’acceptable » pour certains et qui a certainement « amplifié les conflits ». « Personne n’ose intervenir dans les réunions, elle menace toujours de virer tout le monde », résume un collaborateur.

« Un rappel sans ambigüité doit être formulé à l’attention de Mme Hardouin », afin de changer radicalement ses méthodes, conclut l’auditeur à l’époque. Deux ans plus tard, Florence Hardouin et Noël Le Graët ne s’adresseraient quasiment plus la parole, alors que le président de la FFF fait face à des accusations d’harcèlement sexuel proférées de manière anonyme par d’anciennes employées.



Source link
rmcsport.bfmtv.com #cet #audit #qui #égratignait #Hardouin #décrivait #déjà #une #ambiance #délétère #Fédération

Auteur

Pied droit en or, pas de grigri, pas de chichi, un crochet une frappe et nous fermons le jeu, catenaccio :)