Mohamed Ayachi Ajroudi, pourquoi vouloir racheter l’OM ?

C’est une longue histoire. Ce n’est pas la première fois que je discute avec l’OM, il y a déjà eu quelques rapprochements en 1991, en 2000, à l’époque par ma société de promotion immobilière à Cannes. L’OM serait le moteur d’un projet plus vaste. C’est le seul club français qui a gagné cette Ligue des champions. Et dans la joie, les gens se rapprochent de plus en plus, ce bonheur de la victoire est la locomotive de la tolérance.

Pouvez-vous détailler votre projet “méditerranéen” ?

Marseille, cité plurimillénaire, est une entrée de la Méditerranée pour développer ces projets foot, culture et politique. (…) Notre projet prend sa source dans la diversité du bassin méditerranéen, un courant de diversité et de tolérance invitant les 500 millions de femmes et d’hommes de notre mer intercontinentale à voguer ensemble vers la cité phocéenne pour partager un bonheur passionné autour des vertus du sport et de la jeunesse. C’est un projet humanitaire, social mais aussi économique, destiné à s’épanouir au coeur même du stade Vélodrome. Honorons notre devise: Droit au but.

Vous rêvez d’une équipe composée de joueurs venus de toute la Méditerranée ?

Si nous trouvons des joueurs de tous les pays autour de la Méditerranée, pourquoi pas, bien sûr, mais on peut commencer par les jeunes de ces différents pays et les former, créer une pépinière football de la Méditerranée. Tous ensemble dans la même classe et à toucher les mêmes ballons, les musulmans, les chrétiens, les juifs, les druzes, les athées, les sans religion… Quand j’étais enfant, à Gabès (Tunisie), nous étions tous mélangés, musulmans, juifs, chrétiens, maltais… C’est la mixité que je cherche pour l’OM, c’est un rêve d’enfance.

Quel rôle jouent les fonds saoudiens ?

Le club n’aura pas le drapeau saoudien. Ce n’est pas aussi simple, les médias disent: “Les Saoudiens arrivent et vont se battre contre les Qataris du PSG“. Dans le tour de table, les Saoudiens et les Emiratis ne dépasseront pas la majorité, il y aura des entreprises de tout le bassin méditerranéen sans exclusion. Depuis que l’info est sortie, de grands décideurs veulent surfer sur cette vague-là, mais nous sommes là pour la tolérance, pour vivre ensemble. Je n’ai pas d’amis, pas d’ennemis. L’Olympique de Marseille est en croisade, une croisade pour la paix. Moi, je suis anti-islam politique, je possède une chaîne de télévision (Al-Janoubiya) qui lutte contre l’islam politique. Ces intégristes en tout genre ne nous font pas de cadeau, ils essaient de marginaliser ma position. Je suis pour un islam dans une République laïque, je ne mets pas ma religion au-dessus de la République.

L’OM répète qu’il n’est pas à vendre. Où en sont les négociations ?

Tout est à vendre et tout est à acheter. Si on a avancé, c’est que c’est possible. Mais on veut que ce soit fait avec beaucoup de précision. Nous nous préparons depuis un moment. On ne se jette pas dans la mêlée comme ça.

On ne peut pas parler chiffres ?

Si, mais qu’est-ce que ça veut dire, parler chiffres? L’ex-propriétaire (Robert Louis-Dreyfus) a dépensé, quoi, environ 350 millions d’euros ? Et sa femme Margarita a encaissé 45 millions d’euros à la sortie… Moi je ne veux pas flamber, mais soyez sûrs que nous allons investir, mettre de l’argent dans le club pour le développer. Nous avons rassemblé un cercle d’hommes de bonne volonté prêts à travailler.

Quel est votre rôle dans l’opération ?

Quand je lis tout ce qu’on raconte, que je ne suis qu’un intermédiaire… Je suis un industriel, je n’ai jamais été un intermédiaire, des grandes entreprises comme Suez le savent. Je mets du cash, de l’énergie, du temps, je ne suis l’intermédiaire de personne. Racheter l’OM, c’est notre idée avec mon équipe, je ne suis pas le porteur de valises des Saoudiens, des Koweïtiens ni de quiconque sur cette terre.

Quand allez-vous faire votre offre ?

Avant de faire une offre par une banque d’affaires, il faut qu’on connaisse le passif et l’actif, on ne va pas faire une offre à l’aveugle. Des gens de bon sens travaillent ensemble. Nous travaillons avec deux banques d’affaires de premier plan, dont une en France, que nous ne pouvons pas nommer pour l’instant.

Avez-vous rencontré Frank McCourt ?

Pas encore directement, mais il y a des discussions. On ne peut pas faire une affaire à travers la presse, ça ne peut que faire monter l’enchère. Mais nous sommes prêts. Il vend s’il est d’accord, dans tous les cas on reste amis, c’est un gentlemen’s agreement. Quand il est prêt à vendre, nous sommes prêts et notre équipe prend la relève. Si un navire est pris dans la tempête, il faut bien qu’il trouve un port pour s’abriter…



Source de l’article, 2020-06-30 08:23:24

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